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Notes de lecture

Dans le même numéro

Trop de fonctionnaires ? d’Émilien Ruiz

Histoire d’une obsession française (xixe-xxie siècle)

mars 2022

Cet essai rappelle l’ancienneté de la critique du nombre de fonctionnaires, souvent réactualisée à l’occasion des périodes électorales, mais aussi la diversité des positions politiques que cette critique a pu abriter, par exemple la suspicion d’un manque de loyauté des fonctionnaires en place à l’égard d’un nouveau régime, un discours contre l’État, l’exclusion par le régime de Vichy des Français juifs, francs-maçons ou naturalisés, ou encore la dénonciation libérale d’un État « obèse » dans les années 1980. C’est « l’entretien de cette confusion sur la définition des fonctionnaires qui a permis de faire de la critique de leur nombre un leitmotiv du débat public ». Les « compressions » des fonctionnaires dans les années 1920, comme le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite dans les années 2000, montrent bien que le prétendu « tabou » de leur nombre est une construction politique, par ailleurs dissociée de toute réflexion sur le rôle de l’État. Les réformes de ces dernières années ayant participé d’un « mouvement plus général d’externalisation de l’action publique et de brouillage des frontières avec les intérêts privés », cette réflexion serait pourtant indispensable.

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Fayard, 2021
272 p. 22 €

Antoine Hardy

Enseignant à SciencesPo, co-créateur du podcast 20 minutes avant la fin du monde consacré à l’écologie.

Dans le même numéro

Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.