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Quel discours face à l'urgence écologique ?

Le discours de l’urgence peut s’essouffler et se banaliser, notamment pour les plus jeunes. Pour le ranimer, il faut veiller à ne pas culpabiliser les individus, bien désigner les adversaires et répondre à la rhétorique réactionnaire.

La crise liée au Covid-19 a montré qu’il était possible d’arrêter l’économie pour sauver des vies. Avons-nous appris quelque chose pour ce qui est une autre question de vie ou de mort, à savoir la mutation écologique ? Deux difficultés permettent d’en douter. La première est conjoncturelle : c’est ce qui se passe avec la quête de croissance, la faiblesse des cours du pétrole, les demandes d’un moratoire sur les normes environnementales ou encore le besoin de légèreté et d’oubli. Dans les mois qui viennent, la place de l’écologie pourrait être plus que marginalisée alors même que le temps presse.

Mais agir dans les proportions et avec la vitesse requises par la situation écologique implique d’avoir également conscience des difficultés structurelles. Cette crise, et ses leçons, ne les ont pas fait disparaître. Moins de six mois avant l’émergence du Covid-19, plus d’un millier de médecins et de professionnels de santé britanniques ont écrit, dans une lettre ouverte au quotidien The Guardian, que l’action non violente est pour eux un «choix raisonnable pour tout individu responsable» face l’inaction des gouvernements en matière cli

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Antoine Hardy

Enseignant à SciencesPo, co-créateur du podcast 20 minutes avant la fin du monde consacré à l’écologie.

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L’anthropologie du don de Marcel Hénaff, ainsi que son éthique de l’altérité et sa politique de la reconnaissance, permettent de penser les limites de la marchandisation, le lien entre les générations et les transformations urbaines. À lire aussi dans ce numéro : l’image selon Georges Didi-Huberman, l’enseignement de la littérature, la neuropédagogie, l’invention de l’hindouisme, l’urgence écologique et la forme poétique de Christian Prigent.