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Notes de lecture

Dans le même numéro

Soixante ans de journalisme littéraire. Les années « Lettres nouvelles » (1952-1965) de Maurice Nadeau

Préface de Tiphaine Samoyault

novembre 2021

Après un premier volume reprenant l’ensemble des critiques parues entre 1945 et 1951, un deuxième réunit des notes de lecture et études plus tardives, donnant une idée du sacerdoce de Maurice Nadeau et permettant de flâner dans le xxe siècle historique et littéraire.

En 1948, assisté d’Armand Hogg, Nadeau anime un débat entre Claude Maurois et Georges Bataille au titre éloquent : « Où en est la critique ? » Tous notent le caractère protéiforme de la critique, un « foisonnement évident des talents critiques » (Julien Gracq), sans parvenir pour autant à s’entendre. Le malaise qui les tient annonce la crise de la critique, sous-jacente à celle de la littérature. « On ne sait s’il y a une crise de la littérature, mais il crève les yeux qu’il existe une crise du jugement littéraire », conclura Gracq en 1953 dans La Littérature à l’estomac. Quel regard poser sur l’œuvre ? Comment éviter de se noyer dans la pensée interne de l’œuvre ou de se perdre dans les considérations externes ? En 1961, Jean Starobinski proposera une voie intermédiaire en appelant « un regard qui sait exiger tour à tour le surplomb et l’intimité » (L’Œil vivant). Dans ce contexte, Nadeau parvient à tirer son épingle du jeu. « J’étais au bon endroit au bon moment », affirme-t-il en 2011. Bien que conscient du malaise de la fonction, qui transforme le geste critique en « activité parasitaire », Nadeau revient

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Éditions Maurice Nadeau, 2020
1600 p. 39 €

Bachir Bourras

Critique littéraire et professeur de français.

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