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Notes de lecture

Dans le même numéro

Omissions d'Emiliano Monge

Trad. par Juliette Barbara

décembre 2021

Les livres d’Emiliano Monge ont marqué l’actualité littéraire au Mexique durant ces dernières années, et sa présence y brille d’un éclat singulier : grâce à un travail original, centré sur un usage particulier de la langue, il a observé les phénomènes de violence en tous genres avec pertinence.

Avec Les Terres dévastées (Philippe Rey, 2017) il avait mis en avant cette banalisation du mal au sein des trafics de migrants au Mexique. Il en ressortait une terrible sensation d’accablement face à l’immense solitude des personnages, l’absence d’un échange réel et l’impossibilité d’échapper à cette horreur. Avec son dernier roman, Omissions, il utilise l’univers autobiographique pour saisir avec une acuité encore plus grande les raisons profondes de comportements néfastes. Il cherche à saisir les raisons de la persistance de la brutalité dans les échanges, de la résignation face à cette imposition et surtout de la transmission d’une façon d’être à travers les différentes générations.

Monge bâtit son récit à partir du passé familial : il raconte les fuites de son grand-père et de son père, et la tentation qu’il a eue de les imiter. Le grand-père a simulé sa propre disparition dans un faux accident automobile. Le père a choisi de partir pour s’unir à un mouvement de lutte armée. Les deux ont fini par revenir, mais ils ont aussi provoqué l’envie de départ qui habite le narrateur, poussé par le désir d’échapper à son environnement immédiat. L’a

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Grasset, 2021
464 p. 24 €

Philippe Ollé-Laprune

Directeur de la Casa Refugio Citlaltépetl et de la revue Líneas de Fuga, Philiipe Ollé-Laprune vient de publier Les Amériques. Un rêve d'écrivain (Seuil, 2018).

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Le changement climatique a donné un nouveau visage à l’idée de fin du monde, qui verrait s’effondrer notre civilisation et s’abolir le temps. Alors que les approches traditionnellement rédemptrices de la fin du monde permettaient d’apprivoiser cette fin en la ritualisant, la perspective contemporaine de l’effondrement nous met en difficulté sur deux plans, intimement liés : celui de notre expérience du temps, et celui de la possibilité de l’action dans ce temps. Ce dossier, coordonné par Nicolas Léger et Anne Dujin, a voulu se pencher sur cet état de « sursis » dans lequel nous paraissons nous être, paradoxalement, installés. À lire aussi dans ce numéro : le califat des réformistes, la question woke, un hommage à Jean-Luc Nancy, la Colombie fragmentée, la condition cubaine selon Leonardo Padura, et penser en Chine.