Notes de lecture

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Les révoltes du ciel. Une histoire du changement climatique (XVe-XXe siècle) de Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher

juin 2021

En 1821, le ministre de l’Intérieur français lançait une enquête auprès des préfets afin de mesurer la perception de l’évolution du climat depuis la Révolution dans l’ensemble du pays. Quelque temps plus tôt, l’Europe avait connu de graves perturbations météorologiques ; les Français avaient été confrontés deux années de suite à des hivers très rudes. Pour la première fois, un État européen posait la question du changement du climat et celle de l’imputabilité aux hommes de celui-ci. La découverte par les historiens Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher des réponses à la circulaire de 1821 est à l’origine de cette passionnante histoire du changement climatique.

Rapidement, un constat s’impose aux auteurs : le climat et son évolution ont toujours fait partie des préoccupations non seulement des hommes de sciences, naturalistes, botanistes ou médecins, des explorateurs, des paysans, mais aussi des hommes politiques. Ces derniers comprennent très tôt que dans un monde plus rural qu’urbanisé, soumis aux caprices du climat, avec son lot de catastrophes épisodiques (disettes, sécheresses, inondations, épidémies, etc.), agir sur le climat constitue un important levier de pouvoir et d’expansion. Une gestion raisonnée des forêts apparaît comme le moyen privilégié de réguler les cycles de l’eau, essentiels pour les récoltes. Dès le xve siècle, la conquête de nouveaux territoires est présentée comme le moyen d’améliorer le climat qui y

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, 2020
320 p. 23 €

Benédicte Chesnelong

Bénédicte Chesnelong est avocate au barreau de Paris, spécialisée en droit des affaires et droit pénal international. Ayant commencé sa carrière dans le cabinet de Robert Badinter, elle a par la suite travaillé pour la Commission environnement du Parlement européen, le Conseil de l’Europe et les Nations Unies, notamment comme chargée de mission au Kosovo.…

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Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague  » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.