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Notes de lecture

Dans le même numéro

C’est pour la bonne cause !. Les désillusions du travail associatif de Simon Cottin-Marx

juin 2022

L’ouvrage de Simon Cottin-Marx commence par un désenchantement, celui que vivent les travailleurs associatifs à cause du décalage entre les mots et les actes, entre le projet social de l’association et la réalité interne de son fonctionnement. Le ton est donné et conduit à la question de fond que pose l’auteur : « Pourquoi y a-t-il un tel décalage entre l’éthique et les pratiques ? » Certes, toutes les associations ne sont pas concernées. Il s’agit là pour l’essentiel d’associations employeurs, juxtaposant deux types de fonctionnement : celui de l’entreprise et celui de l’association. Un premier élément de réponse est donné par l’auteur. Les associations, aussi militantes et actives soient-elles, ne sont pas en dehors de la société et ne sont donc pas exemptées des rapports de pouvoir et de domination qui l’animent et la nourrissent. Venant relativiser le discours parfois convenu, voire « panégyrique », faisant « l’apologie du monde associatif sans véritable recul critique », l’auteur s’attelle à montrer une facette moins reluisante du salariat associatif. Pourquoi l’association manque-t-elle à ce point à sa promesse ?

L’auteur ouvre le premier chapitre en se faisant l’écho d’une étude qu’il a menée en 2019 et 2020. Celle-ci confirme le niveau élevé de précarité, l’usage de salaires plus bas que dans le privé lucratif et les conditions de travail dégradées1. À cel

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Éditions de l’Atelier, 2021
144 p. 14 €

Denis Bernardeau-Moreau

Professeur à l'Université de Lille, Denis Bernardeau-Moreau enseigne la sociologie. Ses recherche portent sur la sociologie des organisations et la sociologie d’intervention. 

Dans le même numéro

La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.