Au cœur du lobbying européen de Jean Comte
Préface de Julien Navarro, postface de Sylvain Laurens
Le livre est ponctué d’intermèdes illustratifs sur les fonds de pension, les lanceurs d’alerte, les droits d’auteur, autant de sujets qui parlent au citoyen et parleront au lecteur. Assez court, il donne de bonnes bases pour lancer un débat informé sur la réalité et la nécessité d’encadrer ce processus à Bruxelles.
La question du lobbying reste un des serpents de mer quand on parle de Bruxelles, comme si la pratique n’existait pas à Paris. Le livre de Jean Comte, journaliste spécialisé chez Contexte, fait le point sur cette question, de façon dépassionnée et didactique.
Le livre revient d’abord sur les débuts de la construction européenne, quand l’appui des experts venus des capitales nationales était nécessaire pour plusieurs raisons. Tout d’abord par l’absence d’administration nationale sur laquelle s’appuyer : gouverner nécessite de mesurer, de comprendre, et la Commission européenne, avec ses 33 000 agents pour un demi-milliard d’Européens, n’a pas les moyens du ministère français des Finances, qui compte plus de 120 000 agents. La seconde raison est à chercher dans la volonté de la Commission, institution nouvelle des années 1950, de bâtir sa légitimité au contact d’acteurs non étatiques et issus des mondes économiques et sociaux des États membres.
Par la suite et au cours des décennies suivantes, le manque de moyens et d’expertise de la Commission a nécessité de théoriser et d’organiser ce rapport avec les représentants d’intérêt, pendant que ces derniers se sont professionnalisés. Peu à peu, le processus européen est devenu dépendant des informations apportées par ces représentants, y compris des organisations non gouvernementales, au moment où les compétences de l’Union européenne devenaient de plus en plus variées et pressantes. Le dernier chapitre revient sur les tentatives de régulation depuis quinze ans, notamment autour de cette idée qu’il faudrait légiférer moins et mieux, mais aussi de la notion de transparence.
Le livre est ponctué d’intermèdes illustratifs sur les fonds de pension, les lanceurs d’alerte, les droits d’auteur, autant de sujets qui parlent au citoyen et parleront au lecteur. Assez court, il donne de bonnes bases pour lancer un débat informé sur la réalité et la nécessité d’encadrer ce processus à Bruxelles.