Lectures d'été, la sélection littéraire d'Esprit
Esprit vous propose une sélection littéraire en dix titres - roman, poésie, récit – lus récemment par la rédaction. Qu'ils résonnent avec le présent ou qu'ils emmènent ailleurs, tous témoignent du pouvoir de la littérature d'élargir le réel, et nous l'espérons, votre été !
![]() | Les Sources, de Marie-Hélène LafonRecensé par Blandine Merle Les Sources traitent de la violence conjugale dans le monde paysan de la fin des années 1960. Adoptant successivement les points de vue de la femme battue, de son mari violent et de leur fille, l’autrice dépeint un milieu encore traditionnel, où l’on se fie à ses instincts tout autant qu’on se méfie du langage. |
![]() | Le vingtième siècle, d'Aurélien BellangerRecensé par Jean-Paul Gavard-Perret Trois exégètes de Walter Benjamin se lancent à la recherche de son dernier manuscrit. S’ensuit une enquête vertigineuse, labyrinthe de fragments, où à chaque nouvelle page se dessine un peu plus la figure du maître. Aurélien Bellanger joue de l’analogie à plein régime dans ce roman en forme d’hommage à celui qui savait tout. |
![]() | Erre, d'Antoine EmazRecensé par Emmanuel Laugier Antoine Emaz a construit une poésie minimaliste, emplie de pudeur et de délicatesse, qui se refuse tout épanchement lyrique pour rester au plus près des choses, et faire entendre ce qui, dans la réalité, échappe au langage. Le posthume Erre, écrit à la fin de l’été 2021, est son livre de la fin. |
![]() | Le cartographe des absences, de Mia CoutoRecensé par Sylvie Bressler Dans Le Cartographe des absences, le Mozambicain Mia Couto explore l’articulation des histoires individuelle et collective autour du thème de l’oubli. La quête du protagoniste pour élucider son passé croise l’enquête de son père sur les massacres perpétrés par le pouvoir colonial portugais. |
![]() | Le dernier livre d'Yves BonnefoyEntretien avec Jérôme Thélot Le poète, critique et traducteur Yves Bonnefoy fait son entrée dans la Pléiade. Poèmes, essais, voix lyrique et réflexion critique, cet ouvrage est un condensé de sa poétique, en perpétuel questionnement autour de la « vérité de parole ». |
![]() | L'internat, de Serhiy JadanRecensé par Benedicte Chesnelong Rédigé en 2017, L’Internat de Serhiy Jadan raconte l’errance de Pacha, un jeune professeur d’ukrainien, à travers une ville du Donbass abandonnée à la violence de la guerre, pour y chercher son neveu. De rencontres en obstacles, le périple se meut en voyage initiatique, à l’issue duquel le protagoniste comprendra les enjeux de la guerre, et l’importance de défendre sa langue et son identité. |
![]() | Les Deux Beune, de Pierre MichonRecensé par Nicolas Dutent Après La Grande Beune, parue en 2009, Les deux Beune donnent à lire une passion qui possède l’étendue d’un pays, Yvonne, et un paysage, le Périgord. Ce dernier roman de Pierre Michon offre du grand art littéraire à hauteur d’humanité. |
![]() | Le pain perdu ; la voix de la vie ; C’est moi François, d’Edith BruckRecensé par Benjamin Caraco La poétesse juive hongroise Edith Bruck a bénéficié en 2022 d’une actualité éditoriale riche et bienvenue. Dans Le Pain perdu, elle livre son témoignage de la tragédie de la Seconde Guerre mondiale. Avec La Voix de la vie, elle propose un recueil de poèmes qui sont autant de cris de vérité. Enfin, C’est moi, François relate sa rencontre troublante avec le pape François. |
![]() | Le secret de Sybil, de Laurence CosséEntretien avec Laurence Cossé Passant d’un genre à l’autre, d’un style d’écriture à l’autre, d’une époque à l’autre, Laurence Cossé ne cesse de surprendre son lecteur. C’est pourtant aussi, au-delà de cet éclectisme apparent, la cohérence d’une œuvre qui apparaît au fil des parutions. A l’occasion de la sortie de son dernier livre Le secret de Sybil, nous nous sommes entretenus avec Laurence Cossé. |
![]() | Au Pays des merveilles de Nathalie BittingerRecensé par Carole Desbarats Ce beau livre richement illustré et au contenu érudit retrace l’histoire du cinéma d’animation japonais dont les productions, hantées par le souvenir des bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki, oscillent entre fascination pour le désastre, sanctuarisation de la nature et spiritualisation du monde. |









