Sensibilités, n° 8
Un dossier intitulé « Et nos morts ? » coordonné par Anouche Kunth et Clémentine Vidal-Naquet cherche à « saisir quelques façons singulières d’accueillir les morts dans la vie après eux ». Stéphanie Sauvaget y examine la thèse, vulgarisée par Philippe Ariès, d’un « déni de la mort », selon laquelle « les morts disparaissent parmi les fleurs » et qui présuppose une conception téléologique de l’histoire des consciences. George Didi-Huberman y propose que la photographie soit considérée comme « le médium par excellence de la communication avec les morts ». En s’appuyant sur le contexte mexicain, il affirme que le travail du deuil ne nous rend pas tant libres de nos morts que libres avec eux. S’ouvrant à la fiction, la revue accueille une nouvelle de Maylis de Kerangal.