Atlas des Palestiniens de Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud
La quatrième édition de cet atlas, devenu une référence, apporte bien des éléments nouveaux sur la question palestinienne, vieille de plus d’un siècle et dont on ne voit guère l’issue. En Donald Trump, revenu à la Maison Blanche, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou bénéficie d’un soutien inébranlable. En effet, des discussions approfondies sont en cours entre eux pour qu’Israël annexe tout ou partie de la Cisjordanie, alors que cet objectif n’est pas partagé par l’ensemble de l’électorat juif américain. De même, si le problème palestinien est le facteur qui fédère le plus les populations des pays arabes, les États arabes n’en ont pas été des soutiens indéfectibles de la cause palestinienne. Quant à l’Union européenne, son attitude n’a cessé d’osciller entre impuissance et contradictions : premier pourvoyeur d’aide à l’Autorité palestinienne, elle a décidé, en juillet 2024, de lui débloquer 435 millions d’euros, à condition qu’elle se réforme…
Aussi, après avoir décrit le destin brisé de ce peuple, les auteurs espèrent que les responsables politiques des grandes provoqueront un sursaut politique. Cent trente-huit États ont adopté la résolution du 29 novembre 2012 accordant à la Palestine le statut d’État non membre observateur auprès des Nations unies. Mais on sait que les résolutions de l’Assemblée générale ne sont pas contraignantes. Les réalités sur le terrain ont bien changé après le pogrome du 7 octobre et ce que les auteurs désignent comme le nettoyage ethnique en cours.
Ils pensent que la solution à deux États demeure possible et nécessaire. Elle est d’abord juridiquement fondée sur les résolutions successives des Nations unies, qui envisagent l’unification de la bande de Gaza et de la Cisjordanie sous l’Autorité palestinienne. Elle est ensuite politiquement nécessaire car, dans un État binational, 7, 5 millions de juifs côtoieraient 7 millions de citoyens aux droits diminués, ce qui conduirait à la disparition d’un État juif. Elle est enfin matériellement possible parce que les terres accaparées par les constructions des colonies représentent moins de 8 % de la Cisjordanie. Il serait ainsi concevable de procéder à une cession de territoires vers l’État palestinien, comme l’avait envisagé la rencontre de Taba de 2001.
Mais bien des inconnues persistent : ainsi, Israël n’estime plus aujourd’hui que la normalisation avec Riyad soit nécessaire pour enterrer définitivement la question palestinienne. Il est donc peu probable qu’un État palestinien apparaisse dans un futur proche.