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Notes de lecture

Dans le même numéro

Le fictionnel et le fictif d’Éric Clémens

Essai sur le réel et les mondes

mars 2022

Le fictionnel et le fictif propose des réflexions sur le rapport complexe entre la réalité et la fiction. Wilde, Derrida, Platon, Socrate, Lacan, Prigent, Deguy, Kant, Husserl, Godard, Rimbaud et Nancy permettent à Clémens de montrer que le mot juste ne sera toujours que juste un mot. Comment alors injecter dans la société l’expérience de la poésie et de la fiction ? En multipliant les tentatives de nomination savante et les départs avortés de la fiction, néanmoins, rien ne change. Il faut plutôt aller, selon l’auteur, là où ces savoirs ne font pas loi et laissent le non-savoir ouvrir la pensée. Clémens dépasse les dualismes sommaires au profit des mondes inventés dans et par la langue. Mais passer d’un monde donné à un monde inconnu ne va pas de soi. Les sommations du monde, qu’elles soient politiques ou économiques, ne doivent pas couper le sifflet aux créateurs et les faire tomber dans le « désœuvrement » (Blanchot) ou dans l’apitoiement narcissique. Haro aux délicatesses et place à la lutte contre l’incompréhensible !

Les Éditions du CEP, 2020
135 p. 15 €

Jean-Paul Gavard-Perret

Docteur en littérature,  poète, critique littéraire et critique d'art contemporain, il enseigne la communication à l’université de Savoie à Chambéry. Il est membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création.

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Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.