Malgré de Colin Lemoine
Le héros de ce roman se définit par son addiction à la douleur, entre « extase et agonie, quand la chair est remuée par la démesure ». Stupéfié de stupéfiants, perdu dans le dédale de ses visions, le narrateur expose son errance dans la nuit, tentant de trouver le sommeil, avec comme seule unité de mesure « le kilodouleur », le tout à la recherche de sa vérité. Cette douleur devient « un secret mal gardé » à la recherche d’un seul rêve : « ne plus dire et ne plus être dit » et, surtout, extraire un tel mal incarné. La fiction nous permet de suivre cette débâcle, dans l’espoir que la langue puisse fouiller le corps, que se rencontre enfin une altérité, que « l’ombre demeure sans peine ».