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Notes de lecture

Dans le même numéro

Histoire des sensibilités sous la dir. d’Alain Corbin et Hervé Mazurel

décembre 2022

Il s’agit […] de dessiner les contours d’un vaste programme de recherches visant à “penser ensemble la construction sociale du sensible et la construction sensible du social”.

L’objectif de cet ouvrage collectif est de « montrer, à travers quelques exemples historiques situés, tout que ce que ce savoir indiciaire sur les cultures sensibles et les régimes affectifs d’hier et d’aujourd’hui peut apporter à l’intelligence des sociétés ». Ce n’est en effet que par des indices que l’enquête historique, inspirée par le « vertige des foisonnements » qui caractérise l’histoire des sensibilités chère à Alain Corbin, peut déceler l’émergence, à une période donnée, d’une « sensibilité nouvelle ». Les exemples explorés sont l’usage des larmes dans l’Antiquité romaine, que Sarah Rey étudie comme « un fait sensible total » ; les émotions au Moyen Âge, que Damien Boquet analyse comme des « fossiles » ; le modèle météorologique, qu’Anouchka Vasak identifie comme un lieu commun de la littérature subjective entre Lumières et romantisme ; et l’écriture de l’intime, que Clémentine Vidal-Naquet lit dans les correspondances conjugales de la Grande Guerre en suivant l’hypothèse d’une « construction épistolaire des liens intimes ». Il s’agit donc bien de dessiner les contours d’un vaste programme de recherches visant à « penser ensemble la construction sociale du sensible et la construction sensible du social ». Dans un entretien, Alain Corbin précise que « le plaisir de l’histoire naît du dépaysement » et que l’historien n’a donc pas à « se faire juge d’instruction des êtres du passé ».

Presses universitaires de France, coll. « La Vie des idées », 2022
108 p. 9,50 €

Jonathan Chalier

Rédacteur en chef adjoint de la revue Esprit, chargé de cours de philosophie à l'École polytechnique.

Dans le même numéro

La crise de l’asile européen

Des exilés plongés dans des limbes, contraints de risquer leur vie, une absence de solidarité entre les États, la multiplication des camps, le rétablissement des contrôles aux frontières : autant d’échecs du système européen de l’asile. Face à cette crise, le dossier coordonné par Pierre Auriel refuse à la fois la déploration et le cynisme. Il suggère de composer avec la peur des migrations pour une politique plus respectueuse des droits des exilés. À lire aussi dans ce numéro : l’obligation d’insertion, Michon marxiste ?, ce que Latour fait à la philosophie, la fin des libertés en Russie, et l’actualité de Georges Perec.