Notes de lecture

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Meta donna de Suzanne Doppelt

avril 2021

Ce récit, inspiré du film Tarantula (Gian Franco Mingozzi, 1961) se déroule à Galatina, petite ville des Pouilles. S’y produit encore chaque année un rituel de dépossession, un exorcisme dansé et chanté pendant plusieurs jours, dont l’objectif implicite est de réguler l’ordre social et d’apaiser des conflits. Pendant ce rituel, une forme de pseudo-poison circule entre l’araignée, les musiciens et les villageois rassemblés, qui doivent s’identifier à l’araignée. À l’aide d’une prose poétique et de quelques images, Suzanne Doppelt tisse à son tour une toile pour rendre hommage au rituel cathartique. Elle invente un théâtre arachnéen dont elle tire les fils tout en jouant elle-même la somnambule pour saisir la magie d’effets merveilleux. Une telle déconstruction « perspectiviste » crée des images fantômes. Tout devient fluctuant, entre dépôts et débordements, là où le monde s’agite et s’agence selon une dominante moins italienne que primitive.

P.O.L, 2020
80 p. 13 €

Jean-Paul Gavard-Perret

Docteur en littérature,  poète, critique littéraire et critique d'art contemporain il enseigne la communication à l’Université de Savoie à Chambéry. Il est membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, 

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.