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Notes de lecture

Dans le même numéro

La communion qui vient. Carnets politiques d’une jeunesse catholique de Paul Colrat, Foucauld Giuliani et Anne Waeles

mai 2022

Éloignés du monolithisme identitaire qui semble aujourd’hui largement répandu au sein de la nouvelle génération des catholiques français, les auteurs de cet essai vif et brillant sont trois jeunes enseignants en philosophie, engagés ou l’ayant été au sein des cafés associatifs Le Simone à Lyon et Le Dorothy à Paris, des tiers-lieux combinant débats théologiques et engagement social. C’est à partir de cet ancrage qu’ils déploient, comme dans un seul souffle, leur pensée théologico-politique solidement charpentée.

Pour ces anciens militants de La Manif pour tous, convertis à la théologie de la libération, il est en effet urgent, non pas de défendre une morale, encore moins des valeurs, mais de communiquer le sel de l’Évangile. Se gardant de rejoindre tel ou tel camp, le radicalisme dont ils se réclament – « Dieu seul maître » de préférence à « ni Dieu ni maître » – est celui de l’enseignement du Christ reçu dans l’Église catholique. Ces jeunes philosophes ne sont pas pour autant des ecclésiolâtres primaires. Au contraire, ils tancent assez vertement une Église qui est bien souvent tentée de se conformer au nihilisme des valeurs caractéristiques du système capitaliste, s’installant dans un communautarisme replié sur lui-même, imperméable aux cris des pauvres. Sa vocation, martèlent les auteurs – maniant avec un certain talent l’art de la formule –, est d’être « une institution destituante », car marquée par la subversion de la Croix.

C

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, 2021
256 p. 20 €

Antoine Bellier

Journaliste et animateur des matinées de RCF national, Antoine Bellier est également éditeur chez Salvator.

Dans le même numéro

Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.