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Notes de lecture

Dans le même numéro

Tu vis ou tu meurs. Œuvres poétiques (1960-1969) d'Anne Sexton

Traduit par Sabine Huynh. Préface de Patricia Godi

juil./août 2022

Anne Sexton connut une vie tourmentée, chaotique, dont ses poèmes témoignent. Prenant en note, sur les conseils de son psychiatre, ce qui se disait en séance, elle a transformé cette matière en œuvre poétique. Ses poèmes restent d’une force rare, si bien que Sexton, peu connue en France, reste l’égale de Sylvia Plath.

Anne Sexton connut une vie tourmentée, chaotique. Ces poèmes en témoignent. Qualifiée d’hystérique, elle était hallucinée et avait des troubles dissociatifs majeurs. Prenant en note, sur les conseils de son psychiatre, ce qui se disait en séance, elle a transformé cette matière en œuvre poétique. Elle a trouvé une forme de structures à quatorze vers avec un type particulier de rythmes et de rimes. Sa poésie est adressée à sa mère, dont la première longue séparation à l’âge de 10 ans a été accompagnée de l’apparition d’un symptôme qui a nécessité une première hospitalisation. Elle est aussi adressée à son thérapeute, qui a su pousser un tel travail. Se découvrit une petite voix qui criait de loin et qui demeura lucide même dans les moments difficiles. Elle l’attribua d’abord à sa grande tante, prise pour « sa jumelle adorée  » et qui mourut juste avant sa première tentative de suicide. Cette petite voix devint peu à peu la sienne, même si elle y entendait encore son aïeule qui l’invitait parfois à se tuer. Après avoir écrit des poèmes majeurs, elle finit par lui obéir. Ils restent d’une force rare, si bien que Sexton, peu connue en France, reste l’égale de Sylvia Plath.

Des femmes-Antoinette Fouque, 2022
400 p. 24 €

Jean-Paul Gavard-Perret

Docteur en littérature,  poète, critique littéraire et critique d'art contemporain, il enseigne la communication à l’université de Savoie à Chambéry. Il est membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création.

Dans le même numéro

Faire corps

La pandémie a été l’occasion de rééprouver la dimension incarnée de nos existences. L’expérience de la maladie, la perte des liens sensibles et des repères spatio-temporels, le questionnement sur les vaccins, ont redonné son importance à notre corporéité. Ce « retour au corps » est venu amplifier un mouvement plus ancien mais rarement interrogé : l’importance croissante du corps dans la manière dont nous nous rapportons à nous-mêmes comme sujets. Qu’il s’agisse du corps « militant » des végans ou des féministes, du corps « abusé » des victimes de viol ou d’inceste qui accèdent aujourd’hui à la parole, ou du corps « choisi » dont les évolutions en matière de bioéthique nous permettent de disposer selon des modalités profondément renouvelées, ce dossier, coordonné par Anne Dujin, explore les différentes manières dont le corps est investi aujourd’hui comme préoccupation et support d’une expression politique. À lire aussi dans ce numéro : « La guerre en Ukraine, une nouvelle crise nucléaire ? »,   « La construction de la forteresse Russie », « L’Ukraine, sa résistance par la démocratie », « La maladie du monde », et « La poétique des reliques de Michel Deguy ».