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Notes de lecture

Dans le même numéro

Sacralité politique de Marc Weinstein

1. L’évolution totalitaire de l’Occident. 2. Pas de société sans autotranscendance. 3. Kafka devant l’immonde

janv./févr. 2022

Voici un cycle de trois ouvrages consacrés à la sacralité politique. Dans la lignée intellectuelle d’Arendt, de Marcuse et de Castoriadis, mais avec une profondeur historique inédite, le premier volume est une analyse foisonnante, organisée en six grands chapitres qui correspondent à autant de thèses sur les totalitarismes du xxe siècle, mais aussi le « totalitarisme néolibéral » du xxie siècle.

Selon la première thèse, le totalitarisme n’est pas un régime, mais la tendance du triple moteur État-capital-technoscience à provoquer la superfluité de l’homme. L’auteur enrichit la définition d’Arendt : la superfluité est non seulement physique (extermination), mais aussi économique (précarité, chômage) et environnementale (dérèglement climatique). Selon la deuxième, totalitaire est la tendance d’une société qui, avant de déclencher la terreur d’État, crée la peur nécessaire de la superfluité structurelle. Selon la troisième, le totalitarisme est le mouvement absolu de la science et de la technologie (la technoscience). Selon la quatrième, le totalitarisme est le mouvement absolu de l’État depuis la réforme grégorienne de l’Église au xie siècle, dont l’esprit est confirmé par l’instauration de l’État absolutiste à l’âge classique. Selon la cinquième, le totalitarisme est le mouvement absolu de l’économie (planifi

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Juliette Mertens

Professeure (retraitée) de philosophie à l'Université de Liège.

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Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.