Histoire des Turcs en France de Ségolène Débarre et Gaye Petek
Immigration de travail entamée par un accord entre la France et la Turquie en 1965, la présence turque en France est surtout concentrée à Paris et dans une zone est, de Strasbourg à Clermont comprenant Lyon et Marseille. Le tableau peint par Mmes Débarre et Petek décrit une communauté partagée entre les appartenances partisanes et les identités : entre Musulmans, Alévis, Assyro-Chaldéens et Kurdes, et, aujourd’hui, entre laïcs progressistes et partisans d’Erdoğan. À titre d’exemple, lors de l’élection présidentielle de 2014, si la moitié des Turcs de France pouvant voter s’est abstenue, 66 % ont voté pour le Premier ministre, avec un score encore plus important à Lyon, lieu de présence d’une communauté turque traditionnellement conservatrice. Signe de la diversité des Turcs de France, aux législatives de 2015, le Parti démocratique des peuples (Hdp), pro-Kurdes, obtint 29, 5 % des voix. Le lecteur découvre également que le plus grand consulat turc dans le monde se trouve à Strasbourg, près du Parlement européen ; que le Conseil français du culte musulman est actuellement dirigé par Ahmet Oğras, jugé proche du Parti de la justice et du développement (Akp). Si la diaspora turque semble plus conservatrice et attachée à son pays d’origine que d’autres immigrations françaises, le livre cite la réussite économique des entrepreneurs, ou les parcours de plusieurs élus locaux, jusqu’à la sénatrice Esther Benbassa, que les auteures ne considèrent pas « représentative » de cette communauté, bien qu’elle ait passé les quinze premières années de sa vie à Istanbul…