Notes de lecture

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L'Or, l'Empire et le Sang. La guerre anglo-boer (1899-1902), de Martin Bossenbroek

janv./févr. 2019

Dans notre imaginaire, la guerre des Boers peut se réduire à un conflit entre un pouvoir impérialiste, le Royaume-Uni, et quelques insurgés Afrikaners, les premiers «camps de concentration» institués par Lord ­Kitchener et l’engagement du jeune Winston Churchill. Un des mérites de l’ouvrage de Martin Bossenbroek est de battre en brèche ces idées reçues : le Transvaal et l’État libre d’Orange formaient de véritables entités politiques autonomes ; les camps mis en place par l’armée britannique relevaient davantage de l’internement que d’une logique génocidaire, même si près de 28 000 Boers et 20 000 Noirs et Métis y perdirent la vie ; et si ­Churchill y combattit, son engagement est négligeable devant celui des milliers d’Afrikaners ou de volontaires indiens ou européens dans chacun des deux camps.

Étrange guerre, déclenchée autant par l’esprit de conquête des Britanniques que par l’intransigeance des Boers, et terminée par l’accord de paix, le 31 mai 1902, adopté à 54 voix contre 6 par les représentants des deux républiques Boers. Les Afrikaners sont décrits comme des idéalistes empreints de théologie chr&eac

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Seuil, 2018
624 p. 25 €

Louis Andrieu

Etudiant à Sciences-Po Paris, cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.