Notes de lecture

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En prison, paroles de djihadistes, de Guillaume Monod

janv./févr. 2019

#Divers

Le lecteur sera surpris de ne trouver dans cet ouvrage aucune analyse des liens entre djihadisme et psychiatrie, et aucun contre-discours, scientifique et républicain. Au contraire, il y lira des références philosophiques, cinématographiques, historiques qui ancrent le djihadisme dans une histoire culturelle, au lieu de souligner, encore et toujours, son caractère inédit et incompréhensible. Les djihadistes sont en effet comparés, tour à tour, aux héros hollywoodiens, à Saint-Just, à un certain fondamentalisme protestant, aux libertariens américains, aux prospecteurs d’or en Californie ou encore à l’extrême gauche. La thèse de Guillaume Monod est la suivante : la conviction djihadiste n’est ni théologique ni politique comme on le prétend, elle est mythologique. En témoigne le désintérêt de ses adeptes pour l’histoire du monde arabe et son rayonnement (âge d’or arabo-andalou, guerres de libération nationale, décolonisation). Certes, la solidarité avec les rebelles en Syrie, enhardie par l’hypocrisie des politiques occidentales, est un facteur central du discours des djihadistes. Mais parmi les éléments dont on parle moins, le fantasme du héros et l’injonction à la virilité contribuent fortement à leur engagement.

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Gallimard, 2018
192 p. 18 €

Margaux Cassan

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.