Notes de lecture

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Réflexes primitifs de Peter Sloterdijk

Dans ce manifeste pro-européen, Peter Sloterdijk pose la question philosophique qui, pour Kant, résume toutes les autres : qu’est-ce que l’homme ? Au regard de la tradition, « l’être dont la nature veut qu’il soit victime de ses erreurs». Remontant jusqu’aux philosophies grecques et indiennes, le philosophe allemand rappelle combien nous nous sommes définis par ce qu’il appelle « l’idéologie de l’erreur », un « pacte à demi conscient, à demi inconscient entre les menteurs et ceux que l’on abuse ».

La société s’envisage elle-même comme une scène d’affrontement entre « ceux d’en haut » et les autres : l’un et l’autre camp, inévitablement, sont engagés dans une logique de méfiance et de haine partagées. Aujourd’hui, les élites peinent à dissimuler « l’indifférence que leur inspire ce souci du bien commun qu’on leur prête officiellement ». Leurs détracteurs, quant à eux, las de cette imposture, se tournent finalement vers le populisme, une « tromperie alternative ». Dans cette guerre idéologique où la vérité est piétinée, l

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Margaux Cassan

Etudiante en philosophie à l'Ecole Normale Supérieure (PSL), après des études d'histoire de la philosophie à Paris I ainsi qu'en arts du langage à l'EHESS. Margaux Cassan a été assistante de rédaction à Esprit de mai à décembre 2018, et s'intéresse tout particulièrement à la philosophie protestante, en questionnant notamment les notions de foi, de pouvoir et de puissance.…

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Là où nos sociétés connaissent des tensions, là aussi travaille le langage. Le dossier d’Esprit (décembre 2019), coordonné par Anne Dujin, se met à son écoute, pour entendre l’écho de nos angoisses, de nos espoirs et de nos désirs. À lire aussi dans ce numéro : les déçus du Califat, 1989 ou le sens de l’histoire et un entretien avec Sylvain Tesson.