Notes de lecture

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Chronique d’un amour de Julien Tribotté

avril 2021

Récit d’une rencontre à Baltimore et de l’histoire amoureuse qui la suit pendant deux ans, ce petit livre décrit, au plus près, sans le trahir, le vécu de l’amour. Recourant tour à tour au journal, au roman et à la poésie, l’auteur interroge un présupposé du lyrisme : il faudrait souffrir pour savoir écrire. Certes, plusieurs passages – les séparations temporaires d’avec sa compagne américaine, Alex, la difficulté de pérenniser une relation de part et d’autre de l’Atlantique – reprennent les représentations littéraires de la douleur de quitter l’être aimé. D’autres, cependant, quittent la sphère narrative pour s’immerger dans la description du quotidien, aussi banal soit-il : le rituel du café matinal, par exemple. De ces moments aussi simples que chaleureux se dégage une tendre poésie. La sexualité y est le lieu d’accomplissement d’un érotisme mystique, permettant la fusion corporelle des deux amants. Ainsi, au cours d’une fellation, « le territoire érogène s’étend dans une symbiose où chaque partie est reliée au tout et où la partie érotise le tout ». On mesure l’écart avec les premières descriptions de rapports sexuels, placés sous le signe d’un « film X bien cliché ». C’est qu’entretemps, il y a eu conversion spirituelle : en apercevant les poils aux jambes d’Alex, « c’est tout un monde qui s’est ouvert à moi. Un monde de possibles », écrit le narrateur au début de sa relation. Alex lui enseigne qu’un corps est une puissance vivante, inscrite

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Anne Carrière, 2021
96 p. 10 €

Maxime Lerolle

Entré à l’ENS de Lyon en section cinéma, Maxime Lerolle y a mené un master recherche avec pour mémoire une comparaison entre les films de super-héros de l’après-11-septembre et les premières chansons de geste françaises. Par la suite réorienté en Journalisme culturel à l'université Paris-Nanterre, il rédige depuis des critiques cinéma, orientées particulièrement cinéma de genre, pour divers…

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.