Notes de lecture

Dans le même numéro

Le Trauma colonial. Une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l'oppression coloniale en Algérie, de Karima Lazali

janv./févr. 2019

«L’Afrique n’a pas d’histoire; une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe. […] Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L’Europe le résoudra. Allez, Peuples! Emparez-vous de cette terre. Prenez-la. À qui? À personne. Prenez cette terre à Dieu. […] Non pour la bataille, mais pour l’industrie; non pour la conquête, mais pour la fraternité.» En plein siècle des droits de l’homme, après avoir défendu le «bas peuple» et s’être exprimé contre la peine de mort, Victor Hugo prononce ce « Discours sur l’Afrique » le 18 mai 1879, lors d’une commémoration de l’abolition de l’esclavage. Que le poète n’ait pas pu imaginer les ravages de la colonisation ne doit pas masquer le fait que les valeurs républicaines de la France ont constamment coexisté avec des principes contradictoires concernant la question coloniale. De tels propos ne sont pas l’apanage d’une certaine ligne politique ni le seul produit de l’arrogance, ils émergent de terrain

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
La Découverte, 2018
282 p. 20 €

Verónica Estay Stange

Professeur de littérature à l’université du Luxembourg, elle a publié Sens et musicalité. Les voix secrètes du symbolisme (Classiques Garnier, 2014).

Dans le même numéro

Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.