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Notes de lecture

Dans le même numéro

Les Monts Analogues de René Daumal Édition publiée sous la dir. de Boris Bergmann

Préface de Patti Smith

juin 2022

Le Mont Analogue est un texte doublement infini : in-fini en ce sens, d’abord, qu’une simple virgule clôt le récit, comme pour l’ouvrir – son auteur, René Daumal, étant décédé durant la rédaction en 1944, des suites d’une grave pneumonie. Infini, ensuite, car si la parole première s’est éteinte, l’œuvre a poursuivi son imaginaire ascension, trouvant d’innombrables échos pour la relayer et l’approfondir.

S’il est peu lu en France, au début des années 1950, Le Mont Analogue circule et rencontre un succès conséquent aux États-Unis. Texte avant-gardiste, son itinéraire confirme que « la durée des œuvres est celle de leur utilité. C’est pourquoi elle est discontinue1 », tel que l’affirmait Paul Valéry. En effet, devenu « utile » au milieu des années 1960, offrant à toute une génération éprise de liberté le récit véritable de l’émancipation, Le Mont Analogue impose un langage nouveau qui résonne avec l’époque et parle aux fils de la révolution New Age. Toutefois, loin de constituer un simple manifeste « psychédélique », dont l’utilité ne serait que relative, le texte prend la forme d’un drolatique « discours de la méthode », allant à rebours des lois de la modernité pour tenter une excursion sur les sentiers de la sagesse.

Tel est donc l’objet de la réédition du Mont Analogue : si le texte originel demeure au centre, il s’agran

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Gallimard, 2021
232 p. 35 €

Victor Dumiot

Normalien, Victor Dumiot étudie la littérature et la philosophie, en particulier les œuvres de Georges Bataille et de Michel Foucault. Auteur, il se consacre à l’écriture de textes courts, ou romanesques, de poésies et d’articles.

Dans le même numéro

La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.