Ouverture des États généraux à Versailles (5 mai 1789), peint par Couder, gravé par Hippolyte Prudhomme, dessiné par Sandoz, diagraphe et pantographe Gavard
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Les nouveaux cahiers de doléance

À la recherche de l’hétéronomie politique

On a mis la charrue avant les bœufs en voulant débattre du choix de solutions, alors que personne, du haut en bas de l’échelle, n’a la plus petite idée sur comment extraire nos sociétés de l’impasse sociale et écologique dans laquelle elle se trouve placée.

L’occasion du « grand débat national » est trop belle pour qu’on ne s’en saisisse pas pour sortir des ornières où l’on maintient d’habitude les consultations publiques. Le parallèle avec l’épisode prérévolutionnaire de l’écriture des « cahiers de doléance » est à la fois inévitable et trompeur. Pour qu’il soit fécond, il faudrait pouvoir renouer deux fils qui semblent être tout à fait rompus : comment la parole politique peut-elle se remettre en mouvement ? Une fois remise en mouvement, comment pourrait-elle composer la chose publique ? Sans ces deux éléments, tout « débat national » est quelque peu prématuré puisque la France se trouve aux prises, grâce aux Gilets jaunes, à la première grande crise du « nouveau régime climatique[1] ». On a mis la charrue avant les bœufs en voulant débattre du choix de solutions, alors que personne, du haut en bas de l’échelle, n’a la plus petite idée sur comment extraire nos sociétés de l’impasse sociale et écologique dans laquelle elle se trouve placée.

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