La Bataille de Saint-Domingue, huile sur toile de Janvier Suchodolski, domaine public via Wikimedia
La Bataille de Saint-Domingue, huile sur toile de Janvier Suchodolski, domaine public via Wikimedia

Haïti : achever la décolonisation

Comme le montre la tumultueuse histoire d’Haïti et les écrits anticolonialistes de Frantz Fanon, la décolonisation ne s’arrête pas à une libération territoriale. Elle doit se poursuivre par une transformation des structures économiques, sociales et culturelles héritées du colonialisme.


Il y a cent ans naissait Frantz Fanon, médecin psychiatre, écrivain et militant anticolonialiste. Son approche radicale des maux psychiques le conduira à mobiliser la sociologie et la dimension culturelle de l’anthropologie et son engagement politique à développer une philosophie au service des grandes luttes d’émancipation du milieu du xxe siècle. Théoricien, praticien, anatomiste de la psyché humaine, il fut avant tout un observateur éclairé de la situation coloniale à laquelle son île natale, la Martinique, le confronte très tôt. Son essai Peau noire, masques blancs, publié en 1952, explore les conséquences psychologiques de la colonisation, de la discrimination et du racisme, à travers le portrait d’une société antillaise complexée et déconnectée de son identité1. Il aiguisera sa réflexion sur le continent africain et, plus particulièrement, au cœur d’une Algérie résistante qu’il soigne depuis l’hôpital psychiatrique de Blida, puis auprès de laquelle il s’engage pour la libération du peuple autochtone et celle de tous les peuples colonisés. En naîtra Les Damnés de la terre, paru en 1961, quelques semaines avant sa mort2.

Cet anniversaire est l’occasion de replonger dans une pensée ravivée par l’actualité des anciennes colonies françaises, qu’elles soient africaines, transpacifiques ou transatlantiques, qu’elles soient devenues indépendantes, territoires à statut particulier ou départements d’outre-mer. Révolutionnaire précoce, la nation haïtienne repousse un peu plus les frontières de cette universalité, elle qui arracha sa liberté des mains impérialistes françaises plus d’un siècle avant la naissance de Fanon. Profondément marquée par les traumatismes générés par son passé, en proie à de nouvelles formes d’oppressions, elle vient consacrer par sa seule histoire les théories de l’auteur.

Résistances des institutions coloniales

Le 1er janvier 1804, après douze ans de guerre d’indépendance, Haïti devient la première république noire du monde. Isolée diplomatiquement pour faits de rébellion, elle fera seule ses premiers pas de nation libre, parfois dans les sillons du système déchu (militarisation du pouvoir, régime de contrainte, autocratie) : « Les efforts du colonisé pour se réhabiliter et échapper à la morsure coloniale s’inscrivent logiquement dans la même perspective que celle du colonialisme3. »

Le lieutenant-général Jean-Jacques Dessalines, héros de la révolution aux côtés du général Toussaint Louverture, devient, à la déclaration de l’indépendance, le premier gouverneur-général du pays. Pour relancer une économie en déclin et retrouver la prospérité d’antan, le nouveau chef durcit le système de servage instauré par la Constitution de Saint-Domingue de 1801. Promulguée par Louverture, cette Constitution intervient au moment où le Consulat de Bonaparte se prépare, par une expédition, à rétablir l’esclavage, aboli en 1793 dans la colonie. C’est au cours de cette expédition de Saint-Domingue que Toussaint Louverture sera fait prisonnier par trahison ; il mourra en captivité au fort de Joux, en France, un an avant la fin de la révolution haïtienne. Dessalines conduira le pays à l’indépendance, en prendra la tête en tant qu’empereur autoproclamé et ne tardera pas à être contesté par une partie de ses officiers. Il sera assassiné en 1806. À son régime autoritaire se substitueront simultanément la monarchie d’Henri 1er au Nord et la République d’Alexandre Pétion au Sud. Depuis, de nombreux régimes politiques et vingt-trois constitutions se sont succédé sans jamais parvenir à mettre en place un système démocratique durable.

Malgré les controverses, Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines restent les deux figures les plus emblématiques de la révolution haïtienne et de la lutte contre l’esclavage. Héros nationaux aux causes et aux combats communs, l’un connu, l’autre tendant à le devenir, ils divergent toutefois dans leur vision de l’indépendance. Le premier portait un projet aspirant à maintenir des rapports privilégiés (mais non exclusifs) avec la France – une relation de sujétion, disent certains. Le second portait le projet d’une indépendance pleine et entière, engageant de fait une rupture totale avec la métropole. « Les dirigeants nationalistes n’ont alors d’autre ressource que de se tourner vers leur peuple et de lui demander un effort grandiose. De ces hommes affamés on exige un régime d’austérité, à ces muscles atrophiés on demande un travail disproportionné. Un régime autarcique est institué et chaque État, avec les moyens misérables dont il dispose, tâche de répondre à la grande faim nationale, à la grande misère nationale4. »

De la hiérarchie raciale à la société de classes

Si l’antagonisme Blancs/Noirs cède à la faveur de la Constitution impériale de 1805 qui interdit tout droit de propriété aux Blancs sauf rares exceptions, c’est une disposition analogue qui le remplace. Cette dernière, introduite dix ans plus tôt par la première convention d’abolition de l’esclavage, officialise une nouvelle hiérarchie en créant des statuts d’« anciens libres » et de « nouveaux libres ».

Les premiers, mulâtres pour la plupart et affranchis avant l’abolition, entrent en jouissance des biens de leurs pères colons ayant fui le pays. Les seconds, esclaves majoritairement noirs, tombent sous un régime d’exception : libres à condition de continuer à travailler sur les plantations. « Les histoires raciales ne sont qu’une superstructure, qu’un manteau, qu’une sourde émanation idéologique, dévêtant une réalité économique5. » La petite république naît sous ce clivage qui, entre la moitié du xixe siècle et le début du xxe siècle, s’exprime sous forme de violents affrontements, notamment de territoire, opposant l’élite mulâtre rurale du Sud et une élite noire propriétaire de terres au Nord. La rivalité devient officiellement politique à partir de 1870, avec la naissance du Parti libéral, composé en grande partie de mulâtres, et du Parti national, revendiquant le pouvoir pour la majorité ethnique noire. « Nous ne nous trouvons pas ici en présence de la classique opposition de la campagne et de la ville. C’est l’opposition entre le colonisé exclu des avantages du colonialisme et celui qui s’arrange pour tirer parti de l’exploitation coloniale6. »

La disparité la plus criante d’Haïti a longtemps été présentée comme une dichotomie ville-campagne, institutionnalisée après la période fondatrice de la nation. Les campagnes concentraient alors 90% de la population – une paysannerie en devenir dont faisaient partie ceux qui avaient refusé le caporalisme agraire des nouveaux dirigeants –, opposant ainsi une économie rurale exclusivement agricole à une économie urbaine commerciale et industrielle. « Dans les jeunes pays indépendants, triomphe çà et là le fédéralisme. La domination coloniale a […] privilégié certaines régions. L’économie de la colonie n’est pas intégrée à l’ensemble de la nation7. »

La fin des années 1970 amorcera un exode rural qui, depuis une vingtaine d’années, n’a cessé de s’accélérer sous l’impulsion de causes diverses : l’absence quasi totale de services essentiels comme l’eau potable, la santé et l’éducation, ou encore la perte des espaces cultivables sous l’effet du déboisement. Dans certaines villes désormais surpeuplées, en particulier Port-au-Prince, ces paysans à la recherche d’une vie meilleure la trouve dans les quartiers difficiles et délaissés de ces métropoles, où explosent la misère et l’insécurité.

Aujourd’hui, Haïti voit 60% de ses richesses concentrées entre les mains de 20% de la population, quand plus de 50% de cette même population vit en dessous de seuil de pauvreté. Dans l’un des pays les plus inégalitaires de la planète, le peuple, en demande de justice sociale, est en perpétuelle lutte pour ses droits les plus fondamentaux et une répartition équitable des richesses. « Pendant la période coloniale, on conviait le peuple à lutter contre l’oppression. Après la libération nationale, on le convie à lutter contre la misère, l’analphabétisme, le sous-développement. La lutte, affirme-t-on, continue. Le peuple vérifie que la vie est un combat interminable8. » 

Pourtant à la fin du xviiie siècle, 75% de la production mondiale de sucre sont extraits des terres de Saint-Domingue (l’ancien nom d’Haïti), lucrative « perle des Antilles » de la France. À cette époque, environ 500 000 esclaves arrachés des côtés africaines – contre 24 000 en 1713 – y sont exploités sous un régime esclavagiste considéré comme le plus brutal de l’espace colonial.

La dette, violence postcoloniale

« Et l’on voit effectivement le colonialisme […] mettre en place autour du jeune État un dispositif de pression économique. L’apothéose de l’indépendance se transforme en malédiction de l’indépendance. La puissance coloniale, par des moyens énormes de coercition, condamne à la régression la jeune nation9. » Haïti est aujourd’hui le pays le plus pauvre d’Amérique latine et des Caraïbes. Si les conditions climatiques, l’inflation, la corruption entretenue par des convulsions politiques chroniques alimentent sans conteste ce statut, c’est surtout le poids d’une dette particulière qui propulse la jeune nation dans l’engrenage de la misère.

150 millions de francs-or, c’est le montant de l’indemnisation que lui réclament ses anciens maîtres en 1825, sous la menace de la flottille de guerre envoyé par Charles X. Ramenée à 90 millions après renégociation, cette demande de réparation aux allures d’extorsion, assortie d’une promesse de reconnaissance de son indépendance, force le petit État à contracter une série d’emprunts auprès des banques françaises et états-uniennes, s’exposant ainsi à une double dette. Vidé une fois de plus de ses richesses, il ne s’acquittera de la totalité des intérêts facturés qu’au début des années 1950. Une saignée économique qui ouvrira la voie aux emprises néocolonialistes, déjà rendues possibles par des gouvernants haïtiens ayant favorisé une politique commerciale profitant aux négociants étrangers et au détriment de la paysannerie et de l’économie locale. Un commerce qui s’imposera en véritable puissance intérieure et au sein de laquelle naîtront des rivalités entre puissances étrangères.

Au début du xxe siècle, la Banque nationale de la République d’Haïti (BNRH), fondée en 1910, est une société française, tout comme l’était la Banque nationale d’Haïti (BNH) qui l’a précédée. Présentée comme la première véritable institution financière du pays, la BNH avait quant à elle vu le jour en 1880, après la signature d’un contrat entre le gouvernement haïtien et la France, accordant la concession à un influent réseau bancaire français. C’est donc au sein de la nouvelle BNRH et en lien avec Paris que se régule la double dette, dont les conséquences (d’importants retards de développement et de modernisation) pousseront les gouvernants à faire appel à des investissements étrangers. C’est également en ce début de siècle que des capitaux germaniques et états-uniens prendront une part importante dans l’économie nationale.

Alors que se profile la Première Guerre mondiale en Europe, le dynamisme du capital financier généré par une puissante communauté de commerçants allemands établie dans le pays et son influence politique grandissante inquiètent les États-Unis, qui aspirent à garder le contrôle sur la région et sur l’accès au canal de Panama. La période de troubles que traverse Haïti à partir de 1911 (assassinats politiques, exils forcés, révoltes de Cacos par des paysans armés issus des montagnes du Nord, parfois recrutés par des opposants au pouvoir en place) déclenche en 1914 une intervention militaire des États-Unis. S’ouvre par la même occasion une période d’occupation impérialiste qui durera vingt ans, au cours de laquelle le pays sera dirigé par un président haïtien et un général commandant les forces d’occupation. « D’autres pays du tiers monde […] acceptent d’en passer par les conditions de l’ancienne puissance tutélaire. Utilisant leur position stratégique, position qui les privilégie dans la lutte des blocs, ces pays concluent des accords, s’engagent. L’ancien pays dominé se transforme en pays économiquement dépendant. L’ex-puissance coloniale qui a maintenu intacts, et quelquefois renforcé, des circuits commerciaux de type colonialiste accepte par de petites injections d’alimenter le budget de la nation indépendante10. »

Histoire de la violence

Problématique sécuritaire majeure du pays depuis plusieurs années, les gangs armés sont particulièrement actifs dans cette nouvelle crise. On considère qu’ils contrôlent aujourd’hui 85% de la capitale Port-au-Prince et on estime à plusieurs centaines le nombre de bandes criminelles opérantes dans l’aire métropolitaine : « Une négation systématisée de l’autre, une décision forcenée de refuser à l’autre tout attribut d’humanité11. »

Alors qu’en 2024, leurs violences ont coûté la vie à plus de 5500 Haïtiens et déplacé plus d’un million de personnes selon les Nations unies, la population fait face, depuis fin janvier 2025, à une nouvelle escalade de la criminalité d’une brutalité extrême : meurtres, violences sexuelles contre les femmes et les enfants, enlèvements contre rançon, intensification des guerres de territoire auxquelles de plus en plus de jeunes, âgés de moins de 16 ans pour la plupart, acceptent de prendre part pour conjurer la faim.

Conséquence de la prise de contrôle des lieux stratégiques par les factions criminelles, l’insécurité alimentaire n’a cessé de croître depuis le début de la crise, particulièrement auprès des populations déplacées vivant dans des abris provisoires et des enfants, pour aujourd’hui atteindre plus de 5, 7 millions de personnes selon la Coordination nationale de la sécurité alimentaire et plus d’un million d’enfants selon l’Unicef, « …comme si la plongée dans ce sang fraternel permettait de ne pas voir l’obstacle12 ».

Selon certains experts, la version contemporaine du gang armé haïtien, qui a émergé il y a une vingtaine d’années, trouve son origine dans le modèle des milices créées sous le régime Duvalier père puis fils, pour un exercice exclusif de la répression et de la terreur. Les Tontons Macoutes de Papa Doc et Baby Doc ouvrent, en 1958, l’ère durable des polices politiques, œuvrant en toute impunité pour la protection et le maintien au pouvoir des acteurs politiques. S’ensuivent plusieurs vagues de création ou de renforcement de groupes armés, souvent associés à un régime politique et à un nom connu :  Jean Bertrand Aristide et ses Chimères, ou encore Joseph Michel Martelly et ses Bandi legal.

« Il existe à l’intérieur du nouveau régime une inégalité dans l’enrichissement et dans l’accaparement. Certains mangent à plusieurs râteliers et se révèlent de brillants spécialistes de l’opportunisme. Les passe-droits se multiplient, la corruption triomphe, les mœurs se dégradent13. » Quant à la question logistique de l’armement et du ravitaillement en armes de ces gangs, historiques comme actuels, elle semble ne s’être jamais posée dans un pays qui ne produit pourtant ni armes ni munitions. Sur la situation actuelle, Jhon Picard Byron, enseignant-chercheur à l’université d’État d’Haïti, apporte cet éclairage : « Elle est le produit de la convergence de l’hégémonie de la grande criminalité dans les sphères étatiques et la prolifération des gangs dans les quartiers populaires […] qui ont finalement échappé au contrôle des politiciens traditionnels14. »

En poussant cette rétrospection que les complexités de l’histoire laisseront non exhaustive, émerge la mémoire occultée des premières violences, « à l’état de nature » dirait Fanon, inoculées dans la terre haïtienne : l’extermination de la population autochtone, les indiens Taïnos, par les conquistadors, la traite négrière et le déracinement des Africains, la brutalité des pratiques esclavagistes à laquelle viendra se confronter la véhémence des luttes d’un peuple pour s’en extraire. « La guerre (coloniale) est une gigantesque affaire commerciale et toute perspective doit être ramenée à cette donnée. L’asservissement, au sens le plus rigoureux, de la population autochtone est la première nécessité. Pour cela il faut briser ses systèmes de référence. L’expropriation, le dépouillement, la razzia, le meurtre objectif se doublent d’une mise à sac des schèmes culturels ou du moins conditionnent cette mise à sac. Le panorama social est déstructuré, les valeurs bafouées, écrasées, vidées15. »

Plaies multiples

« Et nous aurons à panser des années encore les plaies multiples et quelquefois indélébiles faites à nos peuples par le déferlement colonialiste16. » Cette prédiction de Frantz Fanon ouvre, dans une œuvre éminemment politique, un chapitre sur les troubles du comportement et de la pensée engendrés par la colonisation et les luttes de libération. « Nous n’y pouvons strictement rien », précise, quelques lignes plus loin, celui dont la pensée psychiatrique et la pensée politique se sont nourries l’une de l’autre. Nous n’y pouvons rien parce qu’une domination territoriale, économique et politique entraîne inévitablement une domination psychologique sur les individus qui la subissent. Ce système, fondé sur le postulat de l’inégalité des races et de la supériorité européenne, a complexé, infériorisé et aliéné le colonisé, le marquant dans sa psychè autant que dans sa chair, faisant naître névroses et autres blessures psychologiques qu’une certaine forme de mémoire mue en traumatismes historiques et transgénérationnels. « Le colonialisme accule le peuple dominé à se poser constamment la question : “qui suis-je en réalité ?”17  »

C’est ainsi que, pour Fanon, la lutte contre l’aliénation culturelle, produit d’un racisme « renouvelé, nuancé », doit devenir une lutte fondamentale des anciennes colonies. Il appelle à redoubler de vigilance face une nouvelle forme de domination, indirecte, par laquelle les puissances occidentales chercheront à maintenir leur influence économique et politique. Redoubler de vigilance face à ces nouvelles élites nationales qui, en s’alliant avec ces puissances, se font les agents d’un système néocolonialiste qui trouble, tout autant que son modèle historique, la construction d’une conscience nationale authentique fondée sur des valeurs de solidarité, de justice et d’égalité. La décolonisation ne s’arrête pas à une libération territoriale. Elle doit se poursuivre par une transformation des structures économiques, sociales et culturelles héritées du colonialisme. La libération passe par une décolonisation de l’esprit, une déconstruction des discours contemporains conservant des traces idéologiques du passé colonial. Ce processus implique une reconnaissance objective de ce passé et une autre désaliénation, celle de la pensée occidentale.

Le 17 avril 2025, date du bicentenaire de la dette d’indépendance haïtienne ordonnée en 1825 par Charles X, un communiqué de l’Élysée appelle à « reconnaître la vérité » et « la force injuste de l’Histoire ». Un verbatim qui semble amorcer une démarche et une position nouvelles ; au temps et aux actes de les pérenniser désormais. Quant à l’annonce de la création d’une commission mixte d’historiens chargée de mesurer les conséquences de cette injustice sur le développement d’Haïti, elle reste insuffisante pour certains responsables associatifs, qui relèvent l’absence du terme « restitution ». L’heure est à la « méthode », a souhaité rappeler Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage et ancien Premier ministre. Un acte de méthode qui doit commencer par « faire la lumière sur le processus historique, sur toutes les conditions qui ont conduit au remboursement de cette dette et sur ce que ça a coûté au peuple haïtien ». Un travail fort heureusement anticipé par des historiens et journalistes spécialisés, dont les articles parfaitement documentés alimentent le débat public depuis plusieurs années déjà18. Le peuple haïtien, en urgence absolue, devrait ainsi pouvoir rapidement bénéficier des fruits de cette réflexion collégiale.

  • 1. Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs [1952], Paris, Seuil, coll. « Points essais », 2015.
  • 2. F. Fanon, Les Damnés de la terre [1961], préface de Jean-Paul Sartre, présentation d’Alice Cherki, postface de Mohammed Harbi, Paris, La Découverte, coll. « Poche », 2004.
  • 3. Ibid., p. 202.
  • 4. Ibid., p. 95.
  • 5. F. Fanon, Pour la révolution africaine. Écrits politiques [1964], Paris, La Découverte, coll. « [Re]découverte », 2001, p. 34.
  • 6. F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 111.
  • 7. Ibid., p. 154.
  • 8. Ibid., p. 90.
  • 9. Ibid., p. 95.
  • 10. Ibid., p. 96.
  • 11. Ibid., p. 239-240.
  • 12. Ibid., p. 55.
  • 13. Ibid., p. 165.
  • 14. Entretien avec Jhon Picard Byron, « Gangs et pouvoir en Haïti, histoire d’une liaison dangereuse » [en ligne], propos recueillis par Marie Normand, RFI, 23 septembre 2022.
  • 15. F. Fanon, Pour la révolution africaine, op. cit., p. 45.
  • 16. F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 239.
  • 17. Ibid., p. 239-240.
  • 18. Voir notamment Pierre-Yves Bocquet, « Dette d’Haïti, l’histoire d’une rançon », Nouvel Obs, 25 mars 2025.