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La saison du diable, une tragédie musicale. Entretien avec Lav Diaz

juillet 2018

J’ai toujours pensé que mon peuple était profondément mélodramatique.

Votre film La saison du diable[1] est-il né d’une impulsion différente des précédents ?

En effet. J’étais en train d’écrire un film noir, When the Waves Are Gone, avec une bourse de Harvard. J’ai commencé à écrire au milieu de 2016. Et en juin nous avons eu un nouveau président, Duterte. On lisait chaque jour dans les journaux le récit de nouvelles atrocités. J’ai commencé à écrire des chansons, comme une forme de confrontation à ce qu’il se passait, et d’engagement. Je commençais déjà à négliger le film noir… Puis j’ai pensé à utiliser ces chansons que j’avais accumulées et réaliser une comédie musicale. J’ai appelé Bianca (Balbuena), la productrice de When the Waves Are Gone. Je lui ai demandé si je pouvais utiliser l’argent mobilisé pour ce film pour réaliser un film musical. Elle était partante. Il fallait qu’on réponde à cette situation politique si inquiétante et décevante. Deux mois plus tard, nous tournions La saison du diable en Malaisie.

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Élise Domenach

Maître de conférence en études cinématographiques à l’Ecole normale supérieure de Lyon, elle est notamment l’auteure de Stanley Cavell, le cinéma et le scepticisme (PUF, 2011).

Clément Dumas

Clément Dumas, ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Lyon, doctorant à Paris I, fait une thèse sur la mémoire dans les cinémas de Lav Diaz, Apichapong Weraseethakul et Wang Bing. Il a fondé la revue de cinéma à vocation transdisciplinaire Cinétrens.