Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Dominique Potier · Photo de G.Garitan — CC BY-SA 4.0
Flux d'actualités

La politique à l’échelle du monde

entretien avec

Dominique Potier

décembre 2021

Député de Meurthe et Moselle depuis 2012, réélu en 2017, Dominique Potier est actuellement Secrétaire national du Parti socialiste en charge des questions d’agriculture et d’alimentation ainsi que du développement des ruralités. Alors que la France entrait tout juste dans une nouvelle année d’élections, présidentielle mais aussi législatives, nous l’avons reçu le 20 septembre 2021 à la rédaction d’Esprit pour évoquer le contexte économique et social dans lequel vont se dérouler ces élections, ainsi que les priorités qu’il voit se dessiner, dans ce paysage, pour la gauche française et européenne.

 

La crise du Covid a reposé avec force la question de la mondialisation. Depuis 2017 déjà, le vote sur le Brexit et l’élection de Donald Trump, nous étions entrés dans un moment de contestation, voire de révolte contre cette mondialisation libérale et ses effets sociaux – révolte dont le pendant français serait le mouvement des Gilets jaunes. Révélant l’ampleur et la complexité des interdépendances mondiales, la crise sanitaire a encore ajouté à ce trouble et l’on voit aujourd’hui se multiplier les appels à relocaliser l'économie pour recouvrer une souveraineté perdue. Or la question des « chaines de valeur mondiales » n’est pas nouvelle pour vous. Vous avez notamment porté à l’Assemblée nationale une loi sur le devoir de vigilance des multinationales, qui permet d'attribuer à ces dernières une responsabilité dans les dommages sociaux ou environnementaux qu’elles causent. Avez-vous évolué dans votre façon d’aborder ces enjeux à la lumière des événements récents ? Quelle place peut-on donner aujourd’hui à l’objectif d’une mondialisation plus civilisée ?

La loi sur le devoir de vigilance des entreprises participe justement de cette recherche d’une troisième voie qui évite tant l’impasse du protectionnisme que celle d’une globalisation sans foi ni loi. C’est à ce titre qu’elle a été reçue comme une innovation dans le monde entier. En levant le voile juridique qui sépare artificiellement les donneurs d’ordres de leurs filiales et sous-traitants,

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !