Elias, Macron et la « décivilisation »
La pensée sociologique d’Elias a, pour éclairer les difficultés présentes, bien davantage à offrir que ce qui en a été évoqué dans la presse, souvent réduit au slogan, par des journalistes et des politiques.
« Macron lance un appel contre la “décivilisation” », titrait Le Monde daté du 26 mai 2023. Sur une double page « France-Sécurité », une grande photographie rappelle un peu celles des pages « International-Primaires américaines » : un homme politique sur fond de drapeau national. Ici, le profil grave d’Emmanuel Macron, regard baissé, n’est pas au centre et n’occupe, sur fond rouge, qu’une petite surface de l’image, où domine le tricolore asymétrique d’un drapeau qui ne tient pas dans le cadre. La rubrique propose quatre articles : celui de Matthieu Goar, qui donne sa une à l’édition du jour, intitulé « La ville de Roubaix sous le choc de la mort des trois jeunes policiers » ; un autre, « À Reims, le tueur présumé de l’infirmière voulait s’en prendre aux “blouses blanches” » ; un dernier, « La gauche amorce, à Saint-Brevin-les-Pins, un “sursaut républicain” », avec un encart sur les mesures du gouvernement faisant l’objet d’un « nouveau plan de lutte contre les violences à l’encontre des élus ».
Condamner les violences dans la société
Le même jour, un autre article publié dans Le Monde attire l’attention de chercheurs et de chercheuses, d’intellectuels et d’intellectuelles francophones, et d’autres social scientists partageant le même intérêt pour l’étude du ou des « processus de civilisation » inspirée par l’œuvre du sociologue d’origine allemande Norbert Elias (né à Breslau, aujourd’hui Wrocław, en 1897 et mort à Amsterdam en 1990). Le chapeau de l’article signé par Ivanne Trippenbach, « Emmanuel Macron, les sociologues et les classes moyennes… Récit d’un déjeuner confidentiel à l’Élysée », résume : « Le chef de l’État a reçu quatre chercheurs, mardi, qui l’ont prié de projeter le pays vers une “civilisation écologique”. Il a retenu de cet échange la formule controversée de “décivilisation” pour critiquer les violences dans la société. » La fin de l’article évoque en effet le lien établi par Jérôme Fourquet, directeur à l’Institut d’études opinion et marketing en France et à l’international (IFOP), entre les trois « faits divers », qui font l’objet des articles cités plus haut, et l’enclenchement d’un « processus de décivilisation », allant « à l’inverse du processus de civilisation des mœurs » décrit par Elias. Le président Macron aurait acquiescé. Les mots qu’on lui prête ensuite le confirment, déclenchant polémiques et mises au point dans la presse, attestant aussi le formidable pouvoir évocateur d’un terme de toute évidence polysémique, mais surtout utilisé par l’extrême droite.
Dans ce réseau de chercheurs et de chercheuses mais aussi d’étudiants et d’étudiantes de tous âges et de divers horizons, on s’émeut et, immédiatement, on réagit. La surprise est grande de voir ainsi portés sur la place publique le nom et les expressions d’un sociologue admis tardivement au rang des grandes figures de la pensée occidentale du xxe siècle et qui a rarement occupé le devant de la scène académique et médiatique. On est inquiet de voir réduites ou trahies les idées de l’auteur, de ses disciples et de ses élèves, choqué d’entendre ses analyses déformées et mobilisées dans un contexte marqué par l’émotion, bien compréhensible, suscitée par des « faits divers » qui n’en sont pas – et qui ne sont pas traités comme tels, en double page du Monde. En matière de violences – car c’est de cela qu’il s’agit –, on garde en tête les diverses mobilisations des cinq dernières années contre la politique du gouvernement, depuis les Gilets jaunes jusqu’au mouvement contre la réforme des retraites, en passant par Notre-Dame-des-Landes et Sainte-Soline. Ces mouvements ont certes été l’occasion, pour certains groupes, de faire usage de la violence contre des biens, voire contre des personnes, ce qui est interdit et, pour beaucoup, intolérable. Mais ils ont surtout en commun d’avoir été trop souvent réprimés par les forces de l’ordre, voire d’avoir fait l’objet de « violences policières », c’est-à-dire d’une violence étatique qui n’est pas légitime au sens défini par la loi ou qui n’est plus acceptée comme telle par une partie significative de la population. En effet, comme ne l’ignore pas Emmanuel Macron, même lorsqu’il affirme qu’« aucune violence n’est légitime », l’usage de la force est bel et bien légitime à certaines conditions au regard d’une définition largement partagée de l’État moderne, lequel en détiendrait le monopole.
Les lecteurs et les lectrices d’Elias tant soit peu intéressés par l’actualité politique française ont aussi à l’esprit l’association de la « décivilisation » au « grand remplacement », initialement due à l’écrivain Renaud Camus et reprise ensuite par l’ensemble de l’extrême droite française. Au-delà des mots et de la dernière campagne pour l’élection présidentielle, ce thème épouvantail n’en finit pas, en France et ailleurs, de miner un débat politique de plus en plus obnubilé par les questions migratoires et les périls prétendument liés au phénomène migratoire, et par les enjeux de « sécurité » et d’« identité » – comprendre : par ce qui menacerait « notre » sécurité et « notre » identité. Certaines idées de l’extrême droite, ainsi que les peurs qui les nourrissent, ont percolé dans la plupart des formations politiques et semblent s’installer durablement dans l’opinion sous des formes plus ou moins présentables. En tout cas, les frontières sont poreuses, et les amalgames vite faits. Il ne fait aucun doute qu’aucun des cinq commensaux du déjeuner confidentiel du 23 mai ne partage l’idée que leur « civilisation » est menacée par des « barbares », ni que tel est le sens de l’expression « processus de décivilisation », ce qui relève par ailleurs d’un contre-sens complet vis-à-vis de sa signification chez Elias. Mais que penser de l’usage d’un terme, la « décivilisation », qui se prête manifestement à des interprétations multiples et est d’abord associée à la droite et au nationalisme les plus extrêmes, surtout lorsque l’on entend répondre aux violences en s’attaquant aux « racines du problème » ? Dans le contexte actuel, il est politiquement compréhensible de vouloir faire montre de sensibilité, d’écoute et d’attention à ce qu’éprouverait la « France populaire » en se rendant sur les lieux d’événements tragiques. Quitte à annuler un rendez-vous important et à continuer par la même occasion de se montrer sourd à d’autres appels1. Mais n’est-il pas plus que probable que certaines postures (la dramatisation) et certains éléments de langage (un processus de « décivilisation ») contribuent d’abord et avant tout à exacerber une « émotion » qui profite d’abord aux discours déclinistes, racistes et xénophobes, loin d’une analyse raisonnée et raisonnable à même « d’interpeller la société dans son ensemble, en profondeur », comme le souhaite le président français ?
Retour sur Le processus de civilisation
Processus de (dé)civilisation, violence(s), émotion(s) : l’œuvre d’Elias parle précisément de tout cela, et nous aide à y réfléchir aujourd’hui encore. Ce qui interpelle donc une partie de la petite communauté disparate de celles et ceux qui la lisent, ce n’est pas tant que des non-spécialistes, le prince et ses conseillers, la citent un peu à l’emporte-pièce, et l’utilisent pour condenser un faisceau d’événements ou résumer une situation. Si l’on veut que les sciences sociales servent à quelque chose, il faut tolérer une certaine simplification, une certaine usure, se prémunir du fétichisme de l’orthodoxie, toujours dommageable, et même promouvoir une juste vulgarisation. Ce qui est dérangeant, en revanche, c’est que la pensée sociologique d’Elias a, pour éclairer les difficultés présentes, bien davantage à offrir que ce qui en a été évoqué dans la presse, souvent réduit au slogan, par des journalistes et des politiques.
Avant d’écrire sur la « décivilisation », Elias a écrit sur la « civilisation », dans les années 1930. À rebours de l’acception courante, statique et normative du terme, il la conçoit comme un processus, ou plutôt comme un ensemble de processus sociaux, non planifiés par la raison humaine et permettant de rendre compte de la transformation des sociétés humaines dans la longue durée. Contrairement à Lucien Febvre, l’historien de l’école des Annales, proche de la sociologie, qui entend lui aussi comprendre d’où l’on vient et non célébrer ou juger, Elias n’a pas écrit sur « la civilisation européenne »2. Il se donne pour objet d’étudier le processus de civilisation en Europe en l’abordant par la transformation des « mœurs », des comportements quotidiens, dont témoignent nombre de traités, de manuels et autres ouvrages qui font d’abord référence auprès des élites dans les cours princières. Sa thèse, entre autres inspirée par le travail de Freud, met en avant le développement socio-historiquement conditionné d’« autocontraintes », par lequel les individus en viennent à oublier qu’ils contrôlent leurs affects et leurs pulsions pour se conformer aux normes de la pudeur et de la politesse en vigueur.
Elias accorde une importance particulière à l’agressivité et à la violence physique. Le développement de l’État moderne au sortir du Moyen Âge ne fait pas disparaître la violence de l’espace social, il tend plutôt à la « reléguer au fond des casernes », du moins en dehors des épisodes révolutionnaires, des guerres civiles et des conflits armés. Ainsi, la civilisation et l’État ont d’emblée leurs revers. La colonisation est menée par le second au nom de la première. La pacification relative des relations intra-étatique s’accompagne d’une violence démultipliée entre les États à mesure que ceux-ci deviennent plus stables et plus puissants. La démocratisation au tournant du xixe et du xxe siècles n’y change rien, le progrès technique et le nationalisme de masse rendant possibles les guerres totales, et les faisant mondiales. S’agissant de l’individu toujours déjà socialisé, dont les relations aux autres configurent des sociétés en mouvement, le refoulement de la violence en lui-même, du fait de l’intériorisation de la contrainte, peut être source d’une souffrance psychique, aux causes et conséquences sociales. Sans compter que l’imprévisibilité des risques, la concurrence constante et l’insécurité économiques propres au capitalisme, et plus encore « le danger de guerre » menacent toujours de faire « éclater la cuirasse » de l’homme « civilisé » et de rétablir la prévalence de contraintes externes extrêmement rigides sur des autocontrôles que le processus de civilisation, à un stade avancé, devrait rendre de plus en plus souples et inclusifs.
Le livre d’un juif allemand exilé en Angleterre, bientôt fait prisonnier, et dont les parents ne survivront pas au nazisme, est publié en 1939 dans l’indifférence presque complète3. Si le contexte d’après-guerre ne sera pas plus réceptif à un ouvrage qui a parlé de « civilisation » au plus mauvais moment, force est pourtant de lui reconnaître une certaine mesure et une lucidité certaine. L’auteur y fait preuve d’un précieux « détachement », non pas vis-à-vis du malheur humain dans une société en crise, mais bien de ses propres affects, de son parcours, de ses valeurs et de ses jugements. C’est tout le sens de la « distanciation » que promeut cette sociologie, vis-à-vis de soi-même, de ses origines, de sa situation, de ses orientations politiques. Un travail qui n’impose en rien de se renier, mais implique au contraire de prendre conscience de soi, de son histoire et de ses relations aux autres.
Une interprétation politique et située
Il n’empêche que l’œuvre d’Elias fera longtemps – et fait toujours – l’objet de sérieux malentendus, et ses ambiguïtés, il est vrai stimulantes, n’y sont pas étrangères. À commencer par le choix de ce terme pour désigner son objet central : la « civilisation ». Comme la pensée de tous les grands auteurs, de toutes les grandes autrices, celle d’Elias a inévitablement nourri des interprétations multiples et contradictoires, dont certaines purement erronées. Dans les années 1990, Nathalie Heinich s’attache, parmi d’autres, à les dissiper auprès du lectorat francophone4. Elias lui-même essaie de rectifier le tir dans le dernier livre dont il a autorisé la publication de son vivant, les Studien über die Deutschen5. Il s’y emploie surtout, selon Roger Chartier dans les colonnes du Monde en 1998, à rendre compte du « processus de “décivilisation” qui a saisi l’Allemagne hitlérienne » et, dans une moindre mesure, bien des États-nations européens à la même période, la plupart ayant fait preuve, au mieux, d’une incrédulité et d’une passivité coupables. Les particularités du développement de l’appareil étatique et de l’habitus national jouent un rôle central dans la compréhension de la catastrophe. Stephen Mennell et Eric Dunning, disciples et proches du premier cercle, ont alors apporté de précieux éclaircissements sur le sens de l’idée d’un « processus de décivilisation », tout en notant sa vulnérabilité particulière aux simplifications abusives6.
Si l’on glose depuis sur la réversibilité complète ou partielle de la civilisation entendue comme un processus, sur la possibilité même de son effondrement total en dehors de la Shoah et des autres génocides, Elias affirme, dans Les Allemands, que les processus de civilisation et de décivilisation « vont souvent de pair », que le(s) processus de civilisation suscite(nt) des tensions qui menacent de le(s) contrarier en permanence. Dans ces essais sur « les Allemands » (et sur les autres Européens aussi, en réalité), Elias dévoile également le « cœur », normatif cette fois, de la civilisation : l’extension de la capacité à se mettre à la place d’un autre de plus en plus éloigné et différent de soi, l’élargissement du « cercle de l’identification mutuelle » théorisé par Abram de Swaan7. Mais si la déshumanisation était, à l’inverse, la condition de succès du projet hitlérien, l’extermination de tous les juifs d’Europe, elle n’est pas sans lien avec d’autres phénomènes plus proches, et même tout proches de nous. Loïc Wacquant et Abram de Swaan, dans le prolongement d’Elias, étudieront les sociétés étatiques en proie à la décivilisation ou « dyscivilisées » : des sociétés « civilisées », ou qui se considèrent comme telles, mais qui ne traitent pas tous leurs membres de la même façon, où l’État se retire des « quartiers », les transforme en ghettos, et « expose certaines catégories de la population à toutes les ressources de violence associées au monopole étatique »8 ; un État qui n’est pas ou qui n’est plus social mais sécuritaire, au bénéfice exclusif des dominants, un État qui ne protège pas tout le monde, sans forcément que ses dirigeants s’en rendent compte, à moins qu’ils prétendent de bonne ou de mauvaise foi le contraire.
Toute interprétation est politique et située. Celle qui est défendue dans cet article l’est aussi. Elle n’ignore pas que la sociologie d’Elias ne visait ni à dénoncer ni à faire œuvre politique, mais à expliquer-comprendre où l’on en est, en examinant d’où l’on vient. La prise de distance historique qu’elle enseigne nous met en garde contre la tentation de juger d’une « évolution » (Elias évitait le terme compte tenu de sa connotation biologique) sans avoir le recul nécessaire. Aujourd’hui, une intolérance accrue vis-à-vis de toutes les formes de violence et de souffrance serait plutôt l’indicateur d’une progression de la civilisation au sens d’Elias, a contrario de l’analyse proposée par les conseillers d’Emmanuel Macron. Mais elle n’est pas manifeste si l’on songe au traitement réservé aux personnes migrantes et sans-papiers, aux personnes sans abri ni domicile fixe, aux travailleuses et aux travailleurs sans emploi, aux manifestants et manifestantes aux ronds-points, dans la rue ou aux champs. Labelliser certaines manifestations de la violence en France et ailleurs de recul civilisationnel est politiquement hasardeux et au final peu éclairant. Nous ne sommes pas – nous ne serons jamais – « civilisés ». La civilisation n’est pas un acquis que nous devrions défendre ou retrouver, ni même une avancée ou un progrès que nous devrions rétablir. Il convient effectivement mieux de s’intéresser aux « racines du problème ». Pour cela, nous conseillons la lecture du Processus de civilisation, dont on attend avec impatience une nouvelle traduction française, et des Allemands. Pour commencer. L’emploi du temps des présidents est chargé.
- 1. Suite à la mort, le 21 mai 2023, des trois policiers à Roubaix, tués par un chauffard, le président décide, le 23 mai, de reporter son déplacement prévu dans le Var le jeudi 25 mai sur le thème de l’écologie, et ce afin de pouvoir se rendre à Roubaix pour assister à la cérémonie d’hommage aux trois gardiens de la paix (Le Monde, 26 mai 2023).
- 2. Lucien Febvre, L’Europe. Genèse d’une civilisation. Cours professé au Collège de France en 1944-1945, établi, présenté et annoté par Thérèse Charmasson et Brigitte Mazon, avec la collaboration de Sarah Lüdemann, préface de Marc Ferro, Paris, Perrin, 1999. Ce cours est donné dans un contexte à la fois très proche et très différent de celui de la rédaction du Processus de civilisation d’Elias (première édition allemande à Bâle en 1939), mais tout aussi difficile et déterminant pour l’histoire des sociétés européennes.
- 3. Traduction (incomplète) en français en deux volumes : La Civilisation des mœurs et La Dynamique de l’Occident (trad. par Pierre Kamnitzer, Paris, Calmann-Lévy, coll. « Liberté de l'esprit », 1973 et 1975, rééd. Pocket, 2003). On se reportera à la dernière édition anglaise pour une traduction intégrale du texte réédité chez Suhrkamp en allemand et de très précieuses notes et autres appendices : Norbert Elias, The Collected Works of Norbert Elias Vol. 3: On the Process of Civilisation: Sociogenetic and Psychogenetic Investigations, édition sous la dir. de Stephen Mennell, Eric Dunning, Johan Goudsblom and Richard Kilminster, trad. par Edmund Jephcott, Dublin, University College Dublin Press, 2012. Voir aussi Norbert Elias, Moyen Âge et procès de civilisation, trad. par Anne-Marie Pailhès, préface d'Étienne Anheim, Paris, Éditions de l'EHESS, 2021.
- 4. Nathalie Heinich, « De quelques malentendus concernant la pensée d’Elias », Tumultes, no 15 : « Norbert Elias : pour une sociologie non normative », sous la dir. de Simonetta Tabboni, Paris, Kimé, 2000, p. 161-176.
- 5. Norbert Elias, Les Allemands [1990], précédé de « Barbarie et “décivilisation” » de Roger Chartier, trad. par Marc Joly et Marc B. de Launay, Paris, Seuil, coll. « La librairie du xxe siècle », 2017.
- 6. Stephen Mennell, “Decivilising processes: Theoretical significance and some lines for research”, International Sociology, vol. 5, no 2, 1990, p. 205-223 ; Eric Dunning, « Norbert Elias, la civilisation et la formation de l’État. À propos d’une discussion faisant spécialement référence à l’Allemagne et à l’Holocauste », trad. par Érik Neveu, dans Yves Bonny, Jean-Manuel de Queiroz et Érik Neveu (sous la dir. de), Norbert Elias et la théorie de la civilisation. Lectures et critiques, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2003, p. 39-62.
- 7. Voir Abram de Swaan, “Widening circles of identification: Emotional concerns in sociogenetic perspective”, Theory, Culture & Society, vol. 12, no 2, p. 25-39.
- 8. Abram de Swaan, “Widening circles of disidentification : On the psycho- and sociogenesis of the hatred of distant strangers – Reflections on Rwanda”, Theory, Culture & Society, vol. 14, no 2, p. 105-12 ; Loïc Wacquant, « Dé-civilisation et diabolisation : la mutation du ghetto noir américain », dans Christine Fauré et Tom Bishop (sous la dir. de), L’Amérique des Français, Paris, François Bourin, 1993, p. 103-125.