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Discours du Président Emmanuel Macron depuis le Mémorial du génocide au Rwanda. Capture écran chaîne Youtube de l'Élysée.
Dans le même numéro

Le refoulé de l’histoire. La politique mémorielle d’Emmanuel Macron

Le président Macron a l’ambition de réconcilier les mémoires nationales en s’affranchissant des vieux clivages, selon une ligne mémorielle de commémoration, restitution et reconnaissance. Il reste à mesurer la distance entre la promesse et les actes.

Dans le feuilletage des politiques commémoratives, le président de la République tient un rôle essentiel. Là où les municipalités et collectivités territoriales nomment rues et places du patronyme des grands hommes et, encore trop rarement, de grandes femmes, là où les associations et groupes de mémoires cherchent à réparer les injustices de l’histoire et à faire resurgir du passé des figures oubliées, le chef de l’État essaie – souvent en vain – de donner une cohérence aux multiples commémorations et journées du souvenir pour lesquelles on sollicite son parrainage.

C’est ainsi qu’autour de François Hollande s’est élaboré, lors de son quinquennat, le concept de « paix des mémoires ». Après le mandat, très heurté dans ce domaine, de Nicolas Sarkozy, qui n’avait pas réussi, par exemple, la seule panthéonisation qu’il avait envisagée, en raison du refus de la famille d’Albert Camus, le « président normal » avait insisté sur la nécessité de ne pas exacerber les conflits de mémoire déjà présents dans la société française. Pour lui, « alimenter la guerre des mémoires [signifiait] rester prisonnier du passé ». Au moment où il imagine de succéder au président Hollande dont il a été le ministre, Emmanuel Macron choisit donc de reprendre et d’amplifier ce discours, en faisant de la réconciliation des mémoires une marque distinctive de son programme présidentiel.

S’affranchir des vieux clivages

En se rendant en Algérie pendant sa camp

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Emmanuel Laurentin

Membre du comité de rédaction d'Esprit. Diplômé en histoire et en journalisme, il crée en 1999 l'émission La Fabrique de l'histoire sur France Culture, qu'il a animée et produite jusqu'en 2019. Pour rendre compte des enjeux contemporains dans un débat d’idées quotidien, il anime aujourd'hui Le temps du débat, toujours sur France Culture.…

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La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.