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Notes de lecture

Dans le même numéro

Moyen Âge et procès de civilisation de Norbert Elias

Présentation d’Étienne Anheim. Trad. par Anne-Marie Pailhès

mars 2022

Injustement ignoré des éditions anglaise et française de l’œuvre maîtresse du sociologue allemand Norbert Elias (1897-1990), Über den Prozess der Zivilisation (publié en 1939, réédité en 1969, avant d’être traduit en français et en anglais dans les années 1970), ce chapitre éclaire le moment médiéval du « processus de civilisation ». Il analyse en effet la place de la société médiévale dans la « sociogenèse de la civilisation occidentale ». Après un « panorama de la société de cour », qui a « forgé le style » de l’Occident, marqué par le contrôle de soi, Elias propose une généalogie sociale de l’absolutisme qui insiste sur les facteurs économiques et démographiques. Ce sont en effet les variations de la rente foncière qui expliquent la désintégration féodale en petites seigneuries ou, au contraire, la centralisation absolutiste. Avec cette dernière, on observe, notamment dans la poésie des troubadours, que les pulsions, qui étaient « sauvages, cruelles, enclines à l’explosion et dévolues à l’envie du moment » durant la période féodale, s’apaisent, même si « la pacification des âmes est encore loin d’être aussi avancée qu’elle ne le sera par la suite, lorsque le roi absolu pourra même interdire les duels ». Elias fait ainsi apparaître la dynamique sociohistorique de l’Occident médiéval : « La croissance des unités d’intégration et de domination vers la formation de plus grandes unités est toujours en même te

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Éditions de l’EHESS, 2021
219 p. 13 €

Jonathan Chalier

Rédacteur en chef adjoint de la revue Esprit, chargé de cours de philosophie à l'École polytechnique.

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Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.