Protestations au Chili | 2019, Place Baquedano, Santiago. | Photo : Carlos Figueroa ; wikimedia
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Un autre Chili

novembre 2019

La crise actuelle au Chili nest pas tant due à un maintien ou à un renforcement des inégalités qu’à un ordre social dépassé. En négligeant depuis les années 1990 son rôle de protection et de redistribution, l'État s'est rendu vulnérable à la contestation, et propose aujourd'hui de changer la constitution. 

Tout s’est joué très vite. Les 18 octobre, de premiers heurts et exactions ont lieu dans le métro. Dès le lendemain, les manifestations s’amplifient. Le pouvoir est pris de court, hébété. Le président Piñera parle le 20 octobre d’« une guerre contre un ennemi insaisissable » et son épouse fait circuler dans un message audio : « Nous sommes absolument dépassés, cest comme une invasion étrangère, par des aliens, je ne sais comment dire, et nous navons aucun des instruments pour les combattre. » Le président décrète l’état d’urgence, négligeant la charge symbolique que représente au Chili l’armée dans les rues, ce qui redouble la mobilisation populaire.

Le 22 octobre, devant la déferlante, le président demande pardon de ne pas avoir écouté la population, annonce un mini « Grenelle », et des mesures significatives comme une hausse de 20% du SMIC et du minimum vieillesse, gestes impensables quelques semaines avant. Rien n’y fait. Le 25 octobre se déroulent de gigantesques manifestations dans tout le pays :  plus d’un Chilien sur dix est dans les rues, ce qui conduit le 28 octo

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