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Flux d'actualités

Armageddon Time : le poids de l’histoire juive

Ce qui avait rapproché Juifs et Noirs en Amérique, une expérience continue d’oppression et d’exploitation, une mémoire commune faite d’exode et de larmes, motive également, dans Armageddon Time de James Gray, la trahison de la famille Graff qui, par instinct de conservation et opportunisme, se détache de ses anciens alliés pour se rapprocher de ses ennemis irréductibles.

Reprenant les thématiques qui irriguent son cinéma, James Gray signe avec Armageddon Time son film le plus personnel depuis Little Odessa (1994). Paul Graff, alter ego du réalisateur dans son nouveau film, partage de nombreux points communs avec Reuben dans Little Odessa. Les deux adolescents se retrouvent soumis à la pression sociale imposée par la classe moyenne juive, souhaitant plus que tout voir leurs enfants s’intégrer à la société américaine et s’élever socialement dans cette nouvelle terre promise, où ils pourraient enfin oublier les pogroms et la misère des shtetls. Leur volonté de satisfaire les attentes démesurées de leurs familles qui comptent sur leur réussite scolaire pour dépasser les traumatismes d’un passé marqué par l’antisémitisme se heurte à leur inadéquation avec un système éducatif américain dans lequel ils ne peuvent s’épanouir.

Dans Little Odessa comme dans Armageddon Time, l’histoire juive écrase les enfants sous son poids. Little Odessa s’ouvrait sur Reuben au cinéma face à un western dont la pellicule en mauvais état fondait sous les flammes, l’empêchant de connaître la fin du film, comme si le mythe américain par excellence lui restait à jamais inaccessible. Finalement, il disparaîtra lui-même dans un four crématoire de Brooklyn, incapable d’échapper à la répétition perpétuelle et inéluctable de l’histoire juive. Dans Armageddon Time, les nuits de Paul sont hantées par les récits de son grand-père racontant la fuite de ses parents vers les États-Unis pour échapper aux pogroms. Le son des cosaques pillant, tuant et violant ses ancêtres en Ukraine tourne en boucle dans sa tête, cauchemar éveillé qui se poursuit jusque dans une chambre d’enfant du Queens. Le film est peuplé de fantômes, comme le souligne le travail de Darius Khondji sur la lumière sombre et feutrée, entourant les personnages d’une atmosphère irréelle. La conscience du poids de l’histoire, la volonté d’un grand-père de la transmettre à son petit-fils tout en préservant son insouciance et ses rêves, et l’espoir de surmonter les fantômes du passé sans pour autant les oublier constituent l’enjeu principal du film et déterminent les choix que la famille Graff impose à Paul.

Nous sommes en 1980. L’Amérique s’est progressivement ouverte aux Juifs après des décennies de restriction de l’immigration juive, de discrimination à l’embauche et au logement, et de limitation du nombre de Juifs à l’université – mesure la plus douloureuse pour un peuple qui considère que « le monde ne se maintient que par le souffle des enfants qui étudient ». Pour la famille de Paul, sa mère représentante des parents d’élèves, son père plombier et son grand-père, porteur de la mémoire de la famille et architecte de son futur, il faut absolument profiter de cette ouverture. Les Juifs américains ont enfin l’occasion de se faire une place « à la table des rois », comme le rêve tout haut le père de Paul, pétri de complexes d’infériorité que seule la réussite de ses enfants permettrait de surmonter. Ils doivent se saisir de cette opportunité, d’autant plus que l’ouverture risque de ne pas durer. En effet, on assiste tout au long du film à l’ascension de la seconde New Right, qui aboutira à l’élection de Reagan en 1980, ouvrant une nouvelle ère pour les États-Unis marquée par un recul des acquis sociaux et, en particulier, des mesures pour lutter contre l’inégalité raciale obtenues par le mouvement des droits civiques.

La fin d’une alliance

Les contradictions de la famille Graff sont criantes. Alors qu’ils se posent en farouches opposants du schmuck Reagan, ses membres reprennent à leur compte son idéologie libérale fondée sur la réussite individuelle et la méritocratie, n’hésitant pas à trahir leurs convictions et leurs anciens compagnons d’infortune. Trahir ses convictions, c’est renoncer à un système scolaire public défaillant auquel les Juifs américains avaient toujours été très attachés, à la fois parce qu’il permettait d’éviter les discriminations au sein des écoles privées de la bourgeoisie protestante, mais aussi parce que la défense des services publics faisait partie des convictions profondes d’une communauté ayant emporté dans ses bagages l’idéologie socialiste juive d’Europe de l’Est. La mère de Paul s’inscrit dans une longue tradition d’activisme politique juif pour la préservation d’un système éducatif américain universaliste et garant de l’égalité des chances. Devant sa détérioration qui menace l’avenir de Paul, elle doit faire face à ses propres contradictions. Comment être candidate au Bureau d’éducation de la ville de New York pour continuer à défendre l’école public, tout en envisageant d’envoyer son fils dans une école privée pour l’élite anglo-saxonne ? Trahir ses anciens compagnons d’infortune, c’est considérer que cette défaillance du système scolaire américain est finalement due aux raisons mêmes pour lesquelles on le défendait et on a lutté : l’intégration des Noirs américains.

Les liens entre Juifs et Noirs étaient à peine évoqués dans Little Odessa, où Reuben séchait les cours pour trainer avec ses amis schwarzes. Ce terme péjoratif soulignait déjà l’ambivalence des relations entre Juifs et Noirs, qui occupent dans Armageddon Timeune place centrale. Paul, élève dissipé et perturbateur, se rapproche de Johnny, un camarade de classe noir américain. Avec lui, Paul apprend la valeur de l’amitié. Il découvre la culture noire américaine avec Sugar Hill Gang et les débuts du rap. Mais, surtout, il prend conscience de la réalité sociale noire, faite d’une pauvreté endémique, d’un foyer parental éclaté, d’un racisme structurel qui finit par retirer jusqu’à la possibilité d’espérer un avenir meilleur. Ensemble, les deux adolescents font les quatre cents coups – François Truffaut a toujours été une source d’inspiration pour James Gray – s’attirant les foudres de leur professeur. La salle de classe devient une métaphore de l’Amérique, et la solidarité entre Paul et Johnny face à un maître d’école au racisme latent symbolise l’alliance entre Juifs et Noirs, de la fin du xixe siècle au mouvement des droits civiques.

Les exemples abondent. Les philanthropes juifs, comme Julius Rosenwald, avaient financé les premières écoles noires dans le Sud et faisaient partie des principaux contributeurs des organisations des droits civiques. Parmi les fondateurs de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) se trouvaient les rabbins Emil G. Hirsch et Stephen Wise, et l’organisation fut dirigée pendant plus de vingt ans par Joel Elias Spingarn, décrit par W. E. B. Du Bois comme « un de ces idéalistes vifs, enthousiastes mais à l’esprit clair que, de génération en génération, le peuple juif a donné au monde1 ». Les liens entre militants juifs et noirs au sein des organisations syndicales et socialistes furent déterminants pour la prise en compte de la lutte contre le racisme au sein du mouvement ouvrier. Le diplomate noir américain Ralph Bunche, secrétaire général de la Commission pour la Palestine des États-Unis puis médiateur de l’Organisation des Nations unies en Palestine, a joué un rôle clef dans la création d’Israël en 1948. Stanley Levison, le plus proche conseiller de Martin Luther King Jr, était également le trésorier de l’American Jewish Congress et avait participé à l’écriture de son discours « I Have a Dream »2. Le mouvement des droits civiques avait même ses martyrs juifs. Andrew Goodman et Michael Schwerner, deux étudiants juifs new-yorkais, avaient été assassinés par le Ku Klux Klan avec leur camarade James Chaney, étudiant noir du Mississippi, pendant le Freedom Summer en 1964. L’importance de cette alliance au sein de la gauche libérale américaine était telle que, pour le philosophe noir américain Cornel West, « la période d’empathie véritable et d’alliance de principe entre Juifs et Noirs (1910-1967) constitue le pilier principal de la politique progressiste de l’Amérique pendant ce siècle3 ».

Ainsi, lorsque la mère de Paul lui interdit de continuer à voir Johnny et décide de l’envoyer dans une école privée après que les deux amis se sont fait prendre en train de fumer un joint, elle ne se contente pas de briser leur amitié ; elle plante symboliquement le dernier clou dans le cercueil de l’alliance entre Juifs et Noirs, qui n’avait cessé de se détériorer depuis la fin des années 1960. James Gray en a bien conscience et ce n’est pas un hasard si l’interdiction de côtoyer son camarade noir vient de la représentante des parents d’élève, faisant directement écho aux débats violents entre la communauté juive et noire dans les années 1970 autour de la question du contrôle communautaire dans les écoles et de la mise en place de la discrimination positive. Considérée par une partie de la communauté juive comme un changement fondamental dans la vision de l’égalité aux États-Unis, la discrimination positive entraînait l’abandon de la notion d’égalité des chances au profit de celle d’égalité de résultat. Le projet universaliste de neutralité raciale, moteur du mouvement des droits civiques, est définitivement abandonné pour laisser la place à une société fondée sur la conscience raciale, avec une prise en compte systématique de l’identité raciale pour déterminer les droits des individus4.

La ligne de partage des couleurs

Paul est donc envoyé dans une école privée, financée par Fred Trump, soutien de Reagan et père du futur président des États-Unis. Il lui faut désormais s’adapter pour survivre car, en tant que Juif, il est en sursis. Dès son arrivée dans sa nouvelle école, on lui signifie qu’il n’est pas le bienvenu. Graff, son nom américanisé, lui est dénié et le directeur de l’école préfère l’appeler par son nom juif, beaucoup plus efficace pour se rappeler et lui rappeler son altérité. L’importance accordée au nom est due à la position singulière qu’occupe les Juifs par rapport à la « ligne de partage des couleurs ». Intégré juridiquement à la « race blanche » grâce à leur couleur de peau, les Juifs ont néanmoins toujours été considérés aux États-Unis comme un peuple à part, des êtres de l’entre-deux, ni tout à fait blancs ni tout à fait noirs. Cette caractéristique donna lieu à une insulte qui comportait en elle tout l’embarras dans lequel les Juifs mettaient les fanatiques de la pureté raciale : « Nègre blanc »5. Perchés sur elle dans un équilibre précaire, les Juifs américains pouvaient basculer à tout moment d’un côté ou de l’autre de la barrière raciale. Leur acceptation nécessitait une preuve de leur loyauté envers la race blanche et la certitude de leur « conformité aux lois et aux coutumes de leur Terre d’adoption. En particulier, cela incluait l’adhésion […] à la ségrégation raciale6 ». Paul a bien conscience de son statut précaire au sein de cette nouvelle école dans laquelle il est à peine toléré. Ainsi, lorsque Johnny vient le voir à la sortie des cours, il fait mine de ne pas le connaître afin de ne pas être marginalisé par ses nouveaux camarades de classe ouvertement racistes. La solidarité qui existait entre les deux enfants disparaît. En mettant Paul dans cette école privée, la famille Graff a choisi son camp dans la période à venir, celle de l’Amérique blanche protestante conservatrice, l’Amérique de Reagan et de Trump.

Paradoxalement, ce qui avait rapproché Juifs et Noirs, une expérience continue d’oppression et d’exploitation, une mémoire commune faite d’exode et de larmes, motive également, dans Armageddon Time, la trahison de la famille Graff qui, par instinct de conservation et opportunisme, se détache de ses anciens alliés pour se rapprocher de ses ennemis irréductibles. Le grand-père de Paul n’est pas dupe et sait que, malgré leurs efforts, les Juifs ne seront jamais pleinement acceptés. Comme il l’explique à son petit-fils : « Ils nous haïssaient à l’époque et ils continuent de nous haïr. » Pourtant, c’est bien lui qui l’a convaincu de rejoindre cette école privée. Les leçons de morale sur la nécessité de combattre le racisme qu’il distille à Paul n’y change rien. Comme l’explique Leonard Dinnerstein : « Les Juifs […] étaient un peuple déchiré entre sa sympathie innée pour la lutte des droits civiques et leur vulnérabilité en tant que minorité persécutée7. » Le patriarche a décidé qu’il était temps pour la famille Graff de se fondre pleinement dans la blanchité avant de subir les foudres du reaganisme, qui allaient s’abattre sur la communauté noire dans les années 1980.

Sacrifice noir et salvation juive

Il faut attendre la mort de son grand-père, personnage complexe, faussement gentil, faussement courageux, dont l’ombre pesante écrase la famille Graff, pour voir Paul se libérer du carcan familial en renouant avec Johnny et en s’échappant de son école privée. Malheureusement, la réalité rattrape les deux enfants qui sont arrêtés par la police après avoir volé un ordinateur (dans Les Quatre cents coups, il s’agissait d’une imprimante) pour s’enfuir avec l’argent obtenu. Paul n’hésite pas à se dénoncer comme le cerveau de l’opération pour protéger son ami qui fait face à des conséquences bien plus graves en raison de sa couleur de peau. Involontairement, en voulant montrer la solidarité inébranlable entre les deux amis, James Gray reprend une idée fausse, partagée aussi bien par l’extrême droite américaine que par les nationalistes noires, selon laquelle les Noirs étaient manipulés par les Juifs. Le néo-nazi américain George Lincoln Rockwell considérait ainsi la déségrégation comme un grand complot juif pour prendre le contrôle de la nation en abâtardissant la race blanche à l’aide du métissage8. De la même manière, le dirigeant nationaliste noir Harold Cruse décrivait les Noirs en faveur de l’intégration comme des outils des Juifs dans leur but de faire de l’Amérique un pays où eux seuls seraient distincts et séparés9. En reprenant cette vision du Juif comme cerveau et du Noir comme exécutant, James Gray confirme ce qui est criant tout au long d’Armageddon Time : Johnny est uniquement un faire-valoir, servant de prétexte pour parler de la condition juive aux États-Unis. Dans cette perspective, le film reprend en tous points la représentation dominante des Noirs dans le cinéma américain, où la réalité sociale noire américaine est toujours absente. Les personnages noirs n’existent que pour aider les personnages blancs à évoluer en leur permettant d’affronter leur fragilité, leurs peurs, de résoudre leurs contradictions et de mûrir. Malgré la tentative de Paul de rester solidaire avec son camarade, Johnny décide finalement d’assumer seul la responsabilité du vol, s’inscrivant ainsi dans la lignée des Noirs christiques qui peuplent le cinéma américain, acceptant la perte de leur liberté et la destruction de leur corps pour sauver leur ami blanc. Dans Sang et Or (Robert Rossen, 1947), le sacrifice du boxeur noir permet la victoire finale du boxeur juif. Dans L’Homme qui tua la peur (Martin Ritt, 1957), la mort du travailleur noir procurait au travailleur blanc la force et le courage d’affronter un syndicaliste véreux. Dans La Chaîne (Stanley Kramer, 1958), l’évadé noir se livrait volontairement aux policiers pour rester solidaire de son camarade blanc, provoquant la colère des spectateurs noirs. James Baldwin raconte ainsi que « le public blanc libéral a applaudi quand, à la fin du film, Sidney saute du train pour ne pas abandonner son camarade blanc. Le public de Harlem était outré. Il a hurlé : “Remonte dans ce train, imbécile !”10  ». Nul doute que les spectateurs noirs réagiront de la même manière face à la résignation de Johnny qui, après s’être laissé entraîner dans un vol par son camarade juif, décide de subir seul les conséquences d’un acte dont il n’est pourtant pas l’instigateur. Cette décision lui fait perdre toute réalité matérielle pour le transformer en personnage purement conceptuel, sans consistance et sans existence propre.

La victoire amère de l’individualisme

Le sacrifice de Johnny ne se révèle pas vain et Paul finit par trouver son propre chemin. Dans la dernière séquence, il s’enfuit pour de bon de son école privée, après avoir écouté Fred Trump promettre aux élèves, dans son discours de Thanksgiving, un avenir radieux au sein de l’élite du pays. Refusant d’être prisonnier d’un destin forgé par sa famille et par les fantômes du passé, que ce soit ceux des Juifs massacrés par les cosaques en Ukraine, celui de son grand-père ou celui de Johnny qui a sacrifié sa liberté pour préserver la sienne, Paul laisse tout tomber et s’éloigne de dos dans une rue sombre, absorbé par la nuit et par le fond du cadre. Mais, contrairement à Charlot dans Les Temps modernes (1936), dont le départ sur la route à la fin du film ouvrait le champ des possibles et montrait sa confiance dans un avenir encore indécis, la fuite de Paul dans Armageddon Time est avant tout le début de l’errance typiquement juive d’un adolescent qui, comme Joshua dans Little Odessa, a perdu toute attache sociale et communautaire. Paul ne peut pas revenir en arrière pour sauver son amitié avec Johnny, mais il peut refuser aussi bien la pression sociale de sa famille juive que l’adhésion à l’Amérique de Reagan et Trump. Il se retrouve seul, prêt à poursuivre son rêve de devenir le prochain Kandinsky, à réussir ou à échouer, mais dans un cas comme dans l’autre, en ayant choisi seul sa voie. La fin du film signe la victoire amère de l’individualisme sur les diktats de la société et de la famille. Mais n’est-ce pas finalement ce en quoi consiste le rêve (ou le cauchemar) américain que les parents de Paul espéraient pour leur fils ?

  • 1. Nicole Lapierre, Causes communes. Des Juifs et des Noirs, Paris, Stock, coll. « Un ordre d’idées », 2011, p. 33.
  • 2. Ben Kamin, Dangerous Friendship: Stanley Levison, Martin Luther King, Jr., and the Kennedy Brothers, East Lansing, Michigan State University Press, 2014.
  • 3. Cornel West, “On Black-Jewish Relationship”, Race Matters, Boston, Beacon Press, 1993.
  • 4. Julie Thermes, Essor et déclin de l’affirmative action. Les étudiants noirs à Harvard, Yale et Princeton, préface d’André Kaspi, Paris, Éditions du CNRS, 1999, p. 7.
  • 5. Sander L. Gilman, “The Jewish nose: Are Jews white? Or, the history of the nose job”, dans Laurence J. Silberstein et Robert L. Cohn (sous la dir. de), The Other in Jewish Thought and History: Constructions of Jewish Culture and Identity, New York, New York University Press, 1994. p. 364-401.
  • 6. Clive Webb, Fight against Fear. Southern Jews and Black Civil Rights, Athens, University of Georgia Press, 2001, p. 1.
  • 7. Ibid. p. xiv.
  • 8. Earl Lewis, “The need to remember”, dans Jack Salzman et Cornel West (sous la dir. de), Struggles in the Promised Land: Toward a History of Black-Jewish Relations in United States, New York, Oxford University Press, 1997, p. 243.
  • 9. Michael Walzer, « Black and Jews, A Personal Reflection » dans J. Salzman et C. West, Struggles in the Promised Land, op. cit., p. 407.
  • 10. James Baldwin, Le Diable trouve à faire [1976], trad. par Pauline Soulat, Paris, Capricci, 2018, p. 72.