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Steve Bannon et Reince Priebus s’exprimant lors de la Conférence d’action politique conservatrice 2017 (CPAC) à National Harbor, Maryland.
Steve Bannon et Reince Priebus s'exprimant lors de la Conférence d'action politique conservatrice 2017 (CPAC) à National Harbor, Maryland.
Dans le même numéro

Aux États-Unis : plutôt Poutine que les Démocrates ?

avril 2022

Vladimir Poutine est un objet de fascination pour l’alt-right américaine. Son virilisme et son nationalisme plaisent à un segment de la population qui rejette en bloc les mouvements antiracistes, féministes ou LGBT. Ces appropriations paraissent toutefois moins soucieuses de comprendre le président russe que d’en faire un objet de fantasme, permettant de cristalliser la frustration d’un certain nombre d’américains.

Poutine semble en passe de devenir la nouvelle icône de la droite américaine, dans ses formes les plus droitières, extrémistes et outrancières. Début février, deux Républicains de la Chambre des représentants, Marjorie Taylor Greene (Géorgie) et Paul Gosar (Arizona) s’adressent à une réunion de l’America First Political Action Conference, dont le nom anodin cache mal son idéologie d’extrême droite. Lors de son discours d’ouverture, son dirigeant, un militant de 23 ans nommé Nick Fuentes, regrette la comparaison établie par certains : « Poutine, c’est Hitler » – ajoutant, « comme si ce n’était pas une bonne chose ». Avec un rire ambigu, il revient aussitôt sur sa remarque (« Je n’aurais pas dû dire ça »). Il évoque l’Ukraine et l’assistance réagit en entonnant : « Poutine ! Poutine ! » Lorsque Taylor Greene, coqueluche de la droite trumpiste, arrive enfin sur l’estrade, elle ne trouve rien à redire à cet incident.

Un débat politique autocentré

Assiste-t-on à une « poutinisation des esprits » américains, du moins les plus à droite ? Peut-être. Mais si l’on écoute ce que racontent ces soi-disant « fans » de l’homme fort du Kremlin, il y est beaucoup question des clivages américains, et assez peu de la situation en Russie. Dans le même discours d’ouverture, Fuentes se plaint des ambassades américaines à l’étranger qui promouvraient les transsexuels, Black Lives Matter et la Gay Pride. Juste avant l’invasion

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Michael C. Behrent

Historien américain, spécialisé en histoire de l’Europe contemporaine et notamment en philosophie politique française.

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En Ukraine et en Russie, le temps de la guerre

L’invasion de l’Ukraine en février 2022 a constitué un choc immense pour l’Europe et le monde. Elle s’inscrit néanmoins dans une forme de continuité, qui a vu le régime de Poutine se faire toujours plus répressif à l’intérieur de ses frontières, et menaçant à l’extérieur, depuis au moins 2008 et l’affrontement militaire en Géorgie, l’annexion de la Crimée en 2014 marquant une nouvelle étape dans cette escalade. Constitué en urgence en réaction au déclenchement de la guerre, le dossier de ce numéro interroge ses premières conséquences. De quelles manières les sociétés ukrainienne et russe font-elles face à la guerre ? Comment résister à la vaste opération de révisionnisme historique engagée par le régime de Poutine, dont témoigne la répression de toutes les sources indépendantes d’information, mais aussi de recherche et de connaissance ? En Ukraine, sur quelles ressources la résistance peut-elle compter ? En Russie, une opposition parviendra-t-elle à se constituer, malgré la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays ? À lire aussi dans ce numéro : la justice entre les générations, le fascisme du dedans, la politique de Lévi-Strauss, la médecine contre les robots, une autre histoire de la racialisation et la naissance de l’écoféminisme.