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Pandémie de Sung Soo-Kim, 2014 © Wild Side Video
Flux d'actualités

L’autre parasite. Le cinéma coréen au temps du coronavirus

Les puissants monopoles sud-coréens de distribution ont rapidement décidé d’annuler tous les tournages et de différer toutes leurs sorties. L’espace laissé libre profitera-t-il aux indépendants ?

Après six mois d’euphorie, entre la Palme d’or à Cannes et quatre Oscars à Hollywood, grâce à des Parasites de celluloïd, le cinéma sud-coréen est affecté par un coronavirus qui révèle les rapports de force de son économie. Protection des retours sur investissement ? Protection des spectateurs et des techniciens du film ? Sans même que le gouvernement ne décrète d’état d’urgence nationale, les puissants et impassibles monopoles de distribution-production ont, assez rapidement, décidé d’annuler quasiment tous les tournages et de différer toutes leurs sorties de films. L’espace laissé libre sur les écrans qui attirent encore des spectateurs profitera-t-il aux indépendants ?

Virus et conscience de classe

L’épidémie a rappelé une donnée essentielle de l’économie du cinéma sud-coréen : le box-office des entrées en salle. Sans spectateurs, les films sud-coréens ne rapportent financièrement presque rien. À la différence d’autres pays comme la France, la plus-value sur les films n’a que peu de sources diversifiées (aides institutionnelles, télévision, marché des DVD et marchés internationaux, etc.). Cela ne veut pourtant pas dire que les spectateurs détiennent le pouvoir dans le cinéma sud-coréen.

Ainsi, depuis la mi-février, les films de substitution « classiques », généralement hollywoodiens, qui ont comblé les vides sur les écrans, ont eu des spectateurs (masqués et mains lavées). Certes, le nombre de spectateurs a décru, mais un

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Antoine Coppola

Réalisateur et maître de conférence à l’université Sungkyunkwan de Séoul, il est l’auteur de Le cinéma asiatique (L’Harmattan, 2004). Voir son article « Cinéma et agitation sociale en Corée du Sud » (www.esprit.presse.fr, le 5 avril 2017).