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Les Indépendants, premier parti aux États-Unis ?

avril 2020

Dans un champ politique très polarisé, les élections américaines reposent en partie sur le vote des Indépendants. Que sait-on des préférences de ces électeurs, qui ne se reconnaissent pas dans un parti ?

Comme chaque année bissextile, les citoyens américains vont élire leur président au terme d’un scrutin qui nous tiendra en haleine jusqu’au dernier jour dans le meilleur des cas. L’électorat semble presque parfaitement divisé entre Démocrates et ­Républicains. Si galvaniser sa base partisane est nécessaire pour chaque camp, ce n’est pas suffisant : il ne faut pas qu’une campagne qui mobilise dans son camp effraie au centre.

La polarisation partisane ronge la politique américaine dans un mouvement tectonique que rien ne semble pouvoir arrêter. On pourrait penser qu’elle laisse le champ libre à la création d’un parti centriste qui réunirait les modérés des deux camps, d’autant que l’institut Gallup, par exemple, annonce chaque année que le nombre d’électeurs se déclarant « Indépendants » dépasse celui des Démocrates comme des Républicains. Avec plus de 40 % d’Américains se désignant comme tels, les Indépendants seraient-ils le premier parti des États-Unis, une sorte de majorité silencieuse en mal de représentation ? En réalité, ces Indépendants sont une illusion d’optique : ils forment une masse composite et très hétérogène

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Lauric Henneton

Maitre de conférences à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Lauric Henneton est notamment l'auteur d'une Histoire religieuse des États-Unis (Flammarion, 2012), de La fin du rêve américain ? (Odile Jacob, 2017) ainsi que l'Atlas historique des États-Unis (Autrement, 2019).

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