Phantom Thread (2018) de P.T. Anderson
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Dominer, renverser. Phantom Thread de Paul Thomas Anderson

Le désir n’est pas dans les corps, mais dans la projection vers l’autre et en l’autre, qui porte la domination, d’autant plus forte qu’elle tourne à vide, sans assouvissement.

Reynolds Woodcock (Daniel Day Levis) est un célèbre couturier qui exerce à Londres dans les années 1950, célibataire et solitaire. Il est aidé par sa sœur, Cyril (Lesley Manville), solitaire également, qui s’occupe aussi bien de la prestigieuse Maison Woodcock que de la vie sentimentale de l’artiste. Tous deux vivent et travaillent dans un bel hôtel particulier de style victorien. Alma (Vicky Krieps), une jeune serveuse étrangère que Woodcock y ramène comme un objet chiné, devient modèle de travail, muse, amante et prisonnière consentante – aucun personnage ne semble percevoir la nuance, à part elle. Une relation à deux plus une va se construire patiemment, comme le tissage fantomatique auquel renvoie le titre (on pourrait le traduire par « Le fil fantôme » ; les distributeurs québécois ont préféré « Le fil caché »).

 

 

Le phantom thread du titre renvoie surtout, selon Paul Thomas Anderson, aux ouvrières exploitées et oubliées des maisons de haute couture d’alors. On ne voit pourtant pas grand-chose de leur milieu social d

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