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Parade des forces spéciales dans les rues de Kaloum (Guinée), en septembre 2021 (photo Aboubacarkhoraa)
Parade des forces spéciales dans les rues de Kaloum (Guinée), en septembre 2021 (photo Aboubacarkhoraa)
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Le retour des coups d’État en Afrique

D’août 2020 à janvier 2022, quatre coups d’État se sont succédé dans l’espace africain francophone au Mali, au Tchad, en Guinée et au Burkina Faso. Dans un contexte de désillusion démocratique, ils s’expliquent notamment par la difficulté des gouvernements à freiner la progression des groupes djihadistes armés.

Depuis les indépendances, les pays africains se distinguent par le caractère fondamentalement prétorien de leur gouvernance. En effet, si le modus operandi a évolué, l’ingérence des militaires dans la sphère politique est un trait récurrent de leurs trajectoires respectives. D’août 2020 à janvier 2022, quatre coups d’État se sont succédé dans l’espace francophone au Mali, au Tchad, en Guinée et au Burkina Faso. Ces nouveaux coups d’État, tout comme celui au Soudan survenu en octobre 20211, confirment cette tendance des militaires à vouloir reprendre les rênes de l’État.

Désillusion démocratique

Il est tout d’abord important de situer la prise de pouvoirs par les militaires dans le contexte de désillusion démocratique qui affecte l’Afrique francophone. En effet, certains de ces coups d’État apparaissent comme une réaction face à une classe politique discréditée. Malgré les espoirs suscités par la conférence de La Baule en 1990, les changements sont restés minimes, et les populations, maintenues dans des conditions sociales particulièrement précaires, se sont senties exclues des marchandages politiques, faisant de la démocratie un mirage2. En Guinée et au Mali, des scrutins contestés ont ainsi engendré des crises politiques qui semblaie

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