Timgad, Algérie, 2012 © Josef Koudelka Magnum Photos
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Écrit à l’ombre des pierres

Ruines, exposition Josef Koudelka

Koudelka n’est pas un historien se proposant la documentation du passé et sa mise à distance du présent, c’est un voyant qui ausculte le cœur battant au plus profond du présent.

Des ruines nous regardent et parlent le langage muet des pierres. C’est à une étrange et impressionnante assemblée que convoque l’exposition photographique de Josef Koudelka à la BNF1. Du fond sombre de la salle surgissent, comme en apesanteur du temps et de l’espace, des vues panoramiques de sites prestigieux façonnés, pour l’essentiel, par la civilisation gréco-romaine, à moins qu’elles n’en ouvrent le chemin en clair-obscur sur le pourtour de la salle, tantôt offertes, à plat dans des caissons, au regard en surplomb des visiteurs, tantôt érigées sur les murs. Ce triple regard – frontal, plongeant ou en élévation – ordonne les trois dimensions d’une mise en perspective qui, abstraction faite des époques et des lieux, rend ces vestiges présents les uns aux autres, comme émanant d’un même esprit et parlant la même langue, celui de la Méditerranée et d’une « civilisation » dont l’exposition fait le tour, non sans désordre délibéré, de la Grèce à la France en passant par la Turquie, la Syrie, la Jordanie, l’Égypte, la Lybie, le Maghreb et l’Espagne. L’unité de rassemblement de ces témoignag

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