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Flux d'actualités

La Grande Evasion

Sur la politique de l'édition

mai 2017

#Divers

Je ne dis pas oui, mais je ne dis pas non. Depuis la Seconde Guerre mondiale, mon rôle en tant qu’intellectuel est de gagner du temps. Rien que ça. J’ai lu Proust, alors j’ai compris. Il ne faut pas commettre l’erreur de s’exposer comme ce gredin de Legrandin. Il ne faut pas se retourner et révéler ses appétits, sa mollesse. Non, il faut parler et parler et être le dernier à quitter la scène – à reculons. Il faut écrire des pages et des pages sans rien dire. Il faut laisser le silence de sa poésie œuvrer pour soi. Où est-ce la poésie du silence ? Qu’importe ! Vous avez compris la logique de ce discours paradoxal. Il faut avancer en reculant et reculer en avançant. Se déplacer cahin-caha – d’oxymore en oxymore. Il faut faire la géomancie du beau temps et de la pluie, avec si possible des équations mathématiques, aller de déclaration en déclaration, sans regarder en bas. L’essentiel, c’est d’éviter de conclure. En fait, je ne vous dirai qu’une seule chose, positivement : la conclusion, c’est la mort, petites sottes qui restez jusqu’à la fin des discours en espérant y comprendre quelque chose.

Quoi ? Vous pratiquez l’éthique de l’écoute. Jolie phrase. Et moi, je pratique l’esthétique de l’écho. On est fait pour s’entendre. Vous voulez un entretien, encore un autre. Les dix entretiens de moi déjà en circulation, où d’ailleurs je me contredis – puisque, comme le dit si bien Whitman, je suis multiple – ne vous suff

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