In This Case, 1983, Jean-Michel Basquiat (CC BY-SA 2.0) Yann Caradec via Flickr
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Obama et le domaine des Mères

La seconde autobiographie de Barack Obama, Une terre promise, met au jour une trajectoire politique et personnelle ponctuée d’« embardées », qui s’éloigne à de nombreuses reprises des voies toutes tracées. Elle révèle également l’importance de la figure de la mère dans l’inconscient collectif des Américains.

J’ai beaucoup aimé la première autobiographie de Barack Obama, Les Rêves de mon père, un livre exquis, mais je n’avais aucune intention de lire son dernier livre, Une terre promise1. Pourtant, anxieuse, pendant la pandémie, que le peuple américain se prononce aux urnes encore une fois pour Donald Trump, je l’ai commandé, en attendant les résultats des élections. Je crois que j’avais besoin de m’assurer que je n’avais pas rêvé. J’avais besoin d’un objet concret pour me rappeler qu’en effet, il n’y avait pas si longtemps, un homme, ayant fait preuve de compassion et sachant analyser histoires et logiques politiques, avait bien été élu président des États-Unis. Le livre est paru trois jours avant le résultat final des élections. Trop nerveuse pour lire, j’avais décidé d’écouter Obama lire son texte et j’avais encore sa voix dans les oreilles lorsque Trump a commencé à dénoncer le processus électoral.

Les embardées d’Obama

En écoutant Obama raconter son histoire, quelque chose de subtil a commencé à émerger. Au fil d’un chronos immuable s’est substitué un k

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Rose Réjouis

Rose Réjouis est professeur de littérature à The New School. Intéressée par la politique culturelle des affects, du genre, de la race et de la classe, par la pensée juive et la littérature de la diaspora africaine, elle étudie particulièrement les stratégies narratives des minorités sociales et ethniques, en prêtant attention au jeu entre idées et structures littéraires. Elle est également…

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.