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La voie du tertium quid

juin 2017

#Divers

Dans son livre phare, Paul Veyne tente de répondre à la question qu’il pose impatiemment dans le titre même : Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes[1] ? Il explique qu’en Grèce ancienne, l’histoire, ne repose pas sur « la controverse, comme chez nous », sur des querelles entre collègues, entre anciens et modernes, mais plutôt sur l’enquête. Alors que, prenant pour modèle les controverses théologiques – d’ailleurs sources originales de l’annotation savante qui est encore d’usage de nos jours, nos historiens modernes écrivent pour leurs collègues, les Grecs écrivaient pour les citoyens, pour un public autre que des professionnels. Nos historiens imposent à tout récit « la doctrine des choses actuelles ». D’après celle-ci, le Minotaure ne pouvait avoir existé puisqu’il n’en existe pas, mais dans la mesure où la monarchie existe toujours, le roi Thésée devient alors une figure historique plausible. En somme, nos paradigmes nous aveuglent à la problématique centrale aux historiens Grecs : « La tradition mythique transmet un noyau authentique qui, au cours des siècles, s’est entouré de légende. » Paul Veyne conclut donc que les Grecs n’étaient ni crédules ni incrédules. Se détachant d’une structure binaire immuable, le mythe était pour eux un tertium quid, ni vrai ni faux.

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