Coded Bias (2020) de Shalini Kantayya
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L’intelligence artificielle au gouvernement ?

L’irruption de l’intelligence artificielle dans nos vies est déjà bien réelle (nos téléphones, nos objets connectés et, dans une certaine mesure, l’origine ou l’application de certaines décisions politiques). Pour autant, pourrions-nous accepter de laisser une intelligence artificielle nous gouverner ?

Pourrions-nous accepter de laisser une intelligence artificielle (IA) nous gouverner ? La question a été posée fin 2019 dans le cadre d’un projet Arts & Sciences de l’université de Bordeaux, en partenariat avec la compagnie Primesautier Théâtre, à l’occasion d’un faux procès public1. Il est fondé sur la fiction suivante : La Macropole, nous sommes en 2050. Le scandale éclate lorsque l’on découvre que ce qui nous gouverne depuis trois ans n’est pas un humain, mais une intelligence artificielle, dissimulée dans une enveloppe humaine ! Et pourtant, son bilan est plus que prodigieux. Tout allait merveilleusement bien depuis son élection à la tête de la Macropole : plus de pollution ni de bouchons et encore moins de pauvreté, du travail et de la santé pour toutes et tous et une douceur de vivre unanimement partagée. Que doit-on faire ? Débrancher l’IA ou se laisser gouverner par une intelligence artificielle ?

L’œuvre de l’humain, la part de l’IA, les quelque 250 citoyens réunis en jury populaire ont dû se prononcer sur le maintien, ou non, de l’IA aux manettes. Cette expérience était le prétexte à un exercice de médiation scientifique qui a permis de croiser les regards disciplinaires sur les questions éthiques et techniques associées au développement de l’IA dans nos sociétés2. Les enjeux que la question soulève sont loin d’être éteints, peut-être

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