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Photo : Alex Kotliarskyi via Unsplash
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Souffrir au travail : purger les passions ou ouvrir la voie à l'action ?

octobre 2011

Comment le thème de la souffrance au travail s’est-il imposé en quelques années dans le débat public ? Indépendamment des transformations économiques et managériales qui sont en cours dans les entreprises, c’est aussi notre rapport collectif à la souffrance des individus qui apparaît transformé. Le registre de la plainte installe une idée de l’individu et des responsabilités de la société à son égard qui ouvre peu de perspectives à l’action collective et néglige les ressources de la subjectivité.

Autonomie, individualisme, souffrance psychique sont les trois pôles d’une dramaturgie nationale qui met en scène un individu contraint de plus en plus de s’appuyer sur lui-même, sur ses capacités personnelles, sa « subjectivité », son « intériorité ». Cette situation résulterait de l’autonomie qui affaiblit le lien social et surcharge l’individu de responsabilités et d’épreuves qu’il ne connaissait pas auparavant. Nous serions entrés dans un individualisme non plus de personnalisation, mais de déliaison, un individualisme devenu destructeur des appartenances collectives et donc des assises personnelles de chacun. De là cette souffrance psychique de masse. Elle est caractérisée par l’idée de ne plus y arriver, de ne pas être à la hauteur de ce que l’on vous demande. Elle montre des angoisses de perte, d’insuffisance à l’égard des idéaux sociaux et concerne l’image de soi, le narcissisme et l’estime de soi. Les Français ont trouvé un label pour les désigner : la souffrance sociale.

La souffrance sociale en est venue à occuper une place centrale dans les représentations que la société française se donne d’elle-même à travers trois lignes de transformation. La première concerne les formes d’organisation du travail visant à la flexibilité. La deuxième est l’apparition d’une population au statut professionnel précaire et/ou dans un chômage de longue durée. Le salarié et le chô

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Alain Ehrenberg

Alain Ehrenberg développe le projet d'une sociologie de l'individu qui prenne en compte toutes les dimensions complexes de la question des relations sociales à l'âge de l'autonomie : rapport à soi et aux institutions, vie psychique et consommations psychotropes, course à la performance et vertige de la dépression. Il a publié récemment : La Société du malaise, Paris, Éditions Odile Jacob, 2010 et…

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