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Poutine et l'Europe

mai 2018

#Divers

« Avant, il était juste notre président et il pouvait être remplacé. Maintenant, il est notre vojd et nous ne laisserons personne le remplacer. » Notre vojd, «  guide  », est le nom historiquement donné à Staline. Cette déclaration de Margarita Simonian, rédactrice en chef de Russia Today et porte-parole officieuse du Kremlin, au lendemain du plébiscite obtenu par Vladimir Poutine, dit bien le message que les partisans du «  leader national  » veulent envoyer aux électeurs russes.

Le scrutin du 18 mars dernier aura certes été légèrement différent des exercices précédents : un choix plus large de candidats – huit, contre cinq en 2012 –, des profils plus variés, avec notamment la participation de la journaliste Ksenia Sobtchak, des débats plus animés… Mais, finalement, ce fut une élection sans alternative réelle. Même si l’objectif «  70-70  » du Kremlin (un taux de participation de 70 % et 70 % des suffrages pour Vladimir Poutine) n’a pas été atteint, la participation n’ayant été que de 67 %, le score de 76 % attribué à Vladimir Poutine frappe les esprits, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, et laisse imaginer un soutien réel et massif au sein de la population russe. On est même tenté de se demander pour quelles raisons, au vu de ces chiffres, les autorités s’obstinent à de telles méthodes de pression sur les électeurs et sur les votes.

Le mouvement indépendant Golos a ainsi reçu plu

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Alexis Prokopiev

Maître de conférences en économie publique à Sciences Po Paris, Alexis Prokopiev est également co-fondateur de l'association Russie-Libertés et co-auteur de Les autres visages de la Russie (Les Petits matins, 2015).

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À l’occasion de la rétrospective consacrée à Chris Marker par la Cinémathèque française, le dossier de la revue Esprit revient sur les engagements de celui qui en fut un collaborateur régulier. Propres à une génération forgée par la guerre, ces engagements sont marqués par l’irrévérence esthétique, la lucidité politique et la responsabilité morale. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Louis Chrétien sur la fragilité, les défis du numérique à l’école et les lectures de Marx en 1968.

 

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