Investiture de Poutine comme président de la Russie le 7 mai 2012. | Wikimédia
Dans le même numéro

Le coup constitutionnel de Vladimir Poutine

mars 2020

Le nouveau projet de réforme constitutionnelle de Vladimir Poutine contribuera à verrouiller encore davantage le pouvoir russe. Au-delà de sa propre succession, le chef du Kremlin doit s'inquiéter de la survie de tout un système clientéliste et corrompu.

Quatre ans avant la fin de son mandat présidentiel, et vingt ans après son installation au Kremlin, Vladimir Poutine opère un grand remue-ménage insti­tutionnel. Le projet est à la fois ­compliqué dans sa conception et brutal dans son message : la conclusion qu’en retiennent les Russes, c’est que Poutine ne quittera pas le pouvoir. « Là-haut, ils ne savent plus quoi inventer », lit-on sur les réseaux sociaux depuis le discours du 15 janvier 2020. Les opposants annoncent la fin du régime constitutionnel et l’avènement d’une oligarchie policière et militaire toujours plus corrompue. À moins que le scénario ne dérape…

Contrôler toujours plus

L’important n’est pas le « parlementarisme » en trompe-l’œil, avec un Premier ministre proposé par les députés, mais la concentration des pouvoirs dans des organes qui échapperont au gouvernement et à toute sanction citoyenne. Le Conseil d’État, jusqu’ici simple club des ­gouverneurs, sera reformaté pour devenir une puissante institution exécutive, non élue. Vladimir Poutine pourrait commodément en prendre la présidence en 2024, ou même avant. Par ailleurs, la nomination des ministres régaliens et des chefs d

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Marie Mendras

Politologue, Marie Mendras est chercheure au CNRS et au Centre de Recherches Internationales de Sciences Po, où elle enseigne. Elle est spécialiste de la Russie, de l’Ukraine et des relations Europe-Russie. Elle travaille sur le système politique et les élites russes, ainsi que sur les conflits menés par Moscou hors de ses frontières. Marie Mendras a rempli de nombreuses missions d’observation…

Dans le même numéro

Le dossier, coordonné par Bernard Perret, regrette que la prise de conscience de la crise écologique ait si peu d’effet encore sur la science et les réalités économiques. C’est tout notre cadre de pensée qu’il faudrait remettre en chantier, si l’on veut que l’économie devienne soutenable. À lire aussi dans ce numéro : survivre à Auschwitz, vivre avec Alzheimer, le Hirak algérien, le jeu dangereux entre l’Iran et les États-Unis et un entretien avec les réalisateurs de Pour Sama.