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Contre-histoire des États-Unis, de Roxanne Dunbar-Ortiz

juil./août 2018

#Divers

Trad. et préface par Pascal Menoret, Wildproject, 2018, 336 p., 22€

Le titre original de ce livre, A People’s History of the United States, fait référence à l’ouvrage de Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, dont le succès au début des années 1980 marqua l’avènement, au-delà des cercles universitaires, de l’histoire par le bas, ou histoire des victimes. Roxanne Dunbar-Ortiz, elle-même d’origine indienne, née dans une famille de métayers de l’Oklahoma, a participé au mouvement des droits civiques et au mouvement indien Red Power pendant les années 1960 et 1970. Elle a engagé un dialogue avec Howard Zinn, dont le livre, malgré sa mise en avant des femmes, des classes populaires et des minorités, demeurait selon elle prisonnier des mythes coloniaux forgés au cours de l’histoire états-unienne, qui ont abouti au quasi-­effacement des peuples indigènes du territoire comme de la mémoire du pays.

En écrivant sa Contre-histoire, Roxanne Dunbar-Ortiz cherche à défaire l’écheveau complexe de récits, d’interprétations et d’inconscient politique qui forge l’histoire américaine dans son ensemble, et à faire le portrait des résistances indiennes à l’entreprise d’éradication menée par les autorit&

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Alice Béja

Maîtresse de conférences à Sciences Po Lille, chercheuse au CERAPS-CNRS, Alice Béja est spécialiste de l’histoire culturelle et politique des Etats-Unis. Elle travaille sur les mouvements protestataires américains de la fin du XIXe et du premier XXe siècle ainsi que sur leurs représentations littéraires. Ancienne rédactrice en chef de la revue Esprit, elle a notamment publié Des mots pour se

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