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Le juge et le « dessein intelligent » aux États-Unis

juin 2006

#Divers

Le 26 septembre dernier s’est ouvert à Dover, en Pennsylvanie, un procès qui a étonné l’Europe. Des parents d’élèves ont porté plainte contre une école qui, depuis octobre 2004, autorisait l’enseignement dans les cours de biologie de la théorie dite du « dessein intelligent » (intelligent design), parallèlement à la théorie darwinienne de l’évolution. Le dessein intelligent postule que, l’hypothèse évolutionniste ne pouvant expliquer de façon exhaustive la complexité des organismes vivants, il doit exister une intelligence supérieure responsable de la création. Les parents d’élèves ont été soutenus par des avocats de l’Union américaine pour les libertés civiles (Aclu), qui dénonce le dessein intelligent comme une nouvelle forme de créationnisme (remplaçant simplement « Dieu » par « intelligence supérieure »), dont l’enseignement a été interdit par un arrêt de la Cour suprême des États-Unis en 1987 (Edwards v. Aguilar). Le 20 décembre 2005, le juge de la cour suprême de Pennsylvanie, John E. Jones, a rendu sa décision, donnant raison aux plaignants et attaquant vivement l’école (Kitzmiller v. Dover). Lui-même a été par la suite très critiqué, et traité de juge activiste.

Darwinisme et créationni

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Alice Béja

Maîtresse de conférences à Sciences Po Lille, chercheuse au CERAPS-CNRS, Alice Béja est spécialiste de l’histoire culturelle et politique des Etats-Unis. Elle travaille sur les mouvements protestataires américains de la fin du XIXe et du premier XXe siècle ainsi que sur leurs représentations littéraires. Ancienne rédactrice en chef de la revue Esprit, elle a notamment publié Des mots pour se

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