Alice Zeniter | Photo : Raphna456 — via Wikimédia
Dans le même numéro

Des incarnations, des percepts et du temps

entretien avec

Alice Zeniter

juil./août 2021

Pour Alice Zeniter, la confiance dans la littérature qui caractérisait le xxe siècle s’est perdue, mais les grandes œuvres conservent une portée politique, en ce qu’elles explorent la difficulté à s’organiser en société commune. Cet échange est extrait d’un livre d’entretiens à paraître sur l’engagement des écrivains, sous la direction d’Alexandre Gefen, aux Éditions de l’Observatoire en septembre 2021.

Romancière et dramaturge, Alice Zeniter a notamment publié en 2017 L’Art de perdre (Gallimard), sur la mémoire blessée de la guerre d’Algérie courant sur trois générations, depuis un grand-père harki ayant quitté le pays en 1962. Pour cette écrivaine, dont les œuvres sont volontiers qualifiées de politiques, la confiance dans les pouvoirs de la littérature qui caractérisait la littérature dite « engagée » au xxe siècle s’est perdue, mais les grandes œuvres ont toujours une portée politique, en ce qu’elles explorent la difficulté à s’organiser en société commune. Cet entretien est extrait d’un livre d’entretiens à paraître sur l’engagement des écrivains, sous la direction d’Alexandre Gefen, aux Éditions de l’Observatoire en janvier 2022.

Avez-vous la nostalgie de la littérature engagée ?

Non, et je ne conçois même pas ce que cela peut signifier. Qu’il s’agit d’un type de littérature circonscrit à une époque ? Laquelle ? Quand s’est-elle arrêtée ? Qui a déterminé le corpus ? Ce dont je peux êtr

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Alice Zeniter

Romancière et dramaturge, Alice Zeniter vient de publier Je suis une fille sans histoire (L’Arche, 2021).

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Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.