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Le discours de lutte contre la corruption est aujourd’hui omniprésent. Mais il est porté par une conception très économique et normative de la corruption ; or cette approche laisse de côté la question politique, qui conduit à s’interroger sur les risques spécifiques que la corruption fait courir au régime démocratique.

Chaque époque a son « crime de référence », une infraction particulière qui l’obsède et, ce faisant, renseigne sur ses aspirations et ses peurs. Ainsi au xixe siècle, l’incendiaire et le vagabond marquaient une France rurale qui avait acquis la propriété immobilière par le Code civil et qui cherchait à fixer sa classe ouvrière. L’importance accordée aux crimes sexuels ces dernières années montre les difficultés d’une société qui peine à trouver ses frontières morales1, où l’ordre des générations n’est plus immuable. Le fantasme d’un pouvoir criminel hante une France qui voit le rôle et donc aussi le prestige de l’État diminuer. Ainsi en va-t-il de la corruption aujourd’hui pour notre monde.

Un simple problème de gouvernance ?

La lutte contre la corruption se pose en effet, depuis la chute du Mur, comme un défi fédérateur entre les États, quel que soit leur régime ; on en parle autant à Pékin qu’au Department of Justice américain, quoiqu’en des termes différent

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Antoine Garapon

Magistrat, juge pour enfants, il a fondé l'Institut des Hautes Etudes sur la Justice (IHEJ), où il observe les mutations de la place du droit dans nos sociétés. Il anime sur France culture une émission consacrée à la pensée juridique, « Le Bien commun ». Il a développé sous le même nom une collection d'ouvrages, aux éditions Michalon, qui permettent de présenter des auteurs qui, sans être…

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